ARANJOEZ.
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déjà fort éprouvés pas cette campagne, et suivis de 3,000 à 4000, qui,conduits par une route d’étapes bien frayée, devaient arriver sains etsaufs au but où leurs devanciers n’étaient parvenus qu’après tant depeines et de fatigues. La plupart des soldats demeurés en arrières'étaient réunis en bandes, marchant plus lentement que les têtes decolonne, mais se défendant contre les paysans, et vivant comme ilspouvaient de ce qu’ils trouvaient dans les bois. Les troupeaux de chè-vres ou de moutons rencontrés sur la route faisaient les frais de leursubsistance. Une fois à Abrantès , ils s’embarquaient sur des bateaux quiles transportaient par le Tage à Lisbonne . L’artillerie, fort retardée,fut aussi chargée sur des bateaux, et par ce moyen expéditif de trans-port conduite au point commun de ralliement. La cavalerie arrivasans chevaux. Mais le Portugal allait fournir à l’armée tout ce qui luimanquait. Il y avait à Lisbonne un arsenal magnifique, servant égale-ment aux armées de terre et de mer, peuplé de 3,000 ouvriers très-habiles, et ne demandant pas mieux que de continuer à gagner leurvie, même en travaillant pour les Français. Junot les employa à ré-parer ou à refaire tout le matériel de l’armée et à fabriquer des affûtspour la nombreuse artillerie qui existait à Lisbonne , et qu’il fallaitmettre en batterie contre les Anglais . Près de la capitale se trouvaitl’armée portugaise , forte de 23,000 hommes, laquelle attendaiqu’on prononçât sur son sort. Les soldats portugais , en général, ai-maient mieux vivre dans leurs villages que sous les drapeaux. Junot leur donna des congés, de manière qu’il n’en restât que 6,000 dansles cadres. Il prit tous les chevaux de la cavalerie, et remonta ainsi lacavalerie française. Il fit de même pour l'artillerie, et en quelquesjours son armée, ralliée, armée, vêtue à neuf, reposée de ses fatigues,présentait le plus bel aspect. Pour suffire à ces dépenses, il n’y avaitaucunsfonds dans les caisses. Mais en attendant la rentrée des impôts,le commerce, rassuré par le langage et les actes du général Junot , luifit une avance de S millions afin de pourvoir aux besoins les plus pres-sants, et on put ainsi payer toutes les consommations de l’armée. Legénéral Junot établit sa première division dans Lisbonne ; la seconde,moitié dans Lisbonne et moitié vis-à-vis d’Abrantès; la troisième, surle revers des montagnes au pied desquelles Lisbonne est assise, dePeniclie à Coimbre . Il envoya sa cavalerie sous le général Kellermanndans la plaine de i’Alentejo, pour y faire reconnaître partout l’autoritéfrançaise. 11 plaça à Setuval les Espagnols du général Carafa, qui