LIVRE XXIX.
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l’avaient accompagné. Il établit une rouie d’élapes bien gardée et bienapprovisionnée par Leiria, Coimbre, Almeida, Salamanque et Bayonne .Dans ce premier moment, tout parut tranquille et presque rassurant.Il n’y avait qu’une difficulté très-embarrassante dès le début, c’étaitd’approvisionner, malgré les Anglais , une capitale de 500,000 habi-tants, habituée à recevoir par la mer les blés et les bestiaux de la coted’Afrique . Le général Junot traita avec plusieurs commerçants, etdonna des commissions de tous les côtés pour amener des vivres del’intérieur. Il fut habilement secondé par son chef d’état-major Thié-bault, et par M. Hermann, que Napoléon lui avait envoyé pour admi-nistrer les finances portugaises. Ce dernier était parfaitement probe ettrès au fait du pays, ayant longtemps rempli des fonctions diploma-tiques tant à Lisbonne qu’à Madrid . Grâce aux soins combinés de cesdivers agents, rien ne manqua, dans les premiers temps du moins, eton commença même à réarmer les restes de la flotte portugaise. Dansle même moment, le général espagnol Taranco occupait avec 7,000 ou8,000 hommes la province d’Oporto , et le général Solano, avec 5,000ou 4,000, celle des Algarves.
Tandis qu'une armée française pénétrait en Portugal , Napoléon,qui eu avait disposé deux autres à l’entrée de la Péninsule, avait or-donné au général Dupont, commandant le deuxième corps de laGironde , de porter l’une de ses divisions à Vittoria, sous prétexte desecourir le général Junot contre les Anglais . Un peu avant la marchede cette division, 5,000 ou 4,000 hommes de renfort, destinés à sefondre dans les trois divisions de l’armée de Portugal , avaient déjàpris le chemin de Salamanque . On s’habituait donc à regarder la fron-tière espagnole comme une démarcation abolie, et l’Espagne elle-mêmecomme une route ouverte dont on se servait, sans même prévenir lesouverain du territoire. La première division du général Dupont, eneffet, était rendue à Vittoria avant que M. de Beauharnais eût donnéavis de ce mouvement au cabinet de Madrid . C’était le prince de laPaix qui le premier en avait parlé à M. de Beauharnais avec uneanxiété visible. A ce sujet il s’était fort excusé du défaut de préparatifsdont on s’était plaint sur la roule parcourue par le général Junot, etavait attribué cette négligence aux graves préoccupations résultant duprocès de l’Escurial.
Depuis ce procès, et malgré le pardon accordé au prince desAsturies, l’agitation n’avait cessé de croître en Espagne , tant au sein