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ARANJUtZ.

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Ces récits fabuleux, concordant avec la fuite de la maison de Bragancc,avaient fait naître de toutes parts la supposition que le prince de laPaix voulait entraîner la famille royale au Mexique , pour prolonger audelà des mers un pouvoir qui expirait en Europe . Propagée avec uneincroyable rapidité, cette supposition avait indigné lous les Espagnols .L’idée de voir la famille royale d’Espagne fuir lâchement comme lafamille royale de Portugal , emmener prisonnier un prince adoré,laisser à Napoléon un royaume vacant, les révoltait, et cette crainteavait ajouté, s’il était possible, à la fureur populaire qu’excitait lefavori. Toutes les samaincs, le bruit que les richesses de la couronneavaient été emballées pour être secrètement emportées à Cadix , et quele prince de la Paix allait conduire la famille royale à Séville , se ré-pandait comme une sinistre rumeur, soulevait les esprits, déchaînait,les langues, s’évanouissait ensuite pour un moment, quand les faitsne venaient pas le confirmer, et renaissait de nouveau comme les sourdsmugissements qui précèdent la tempête.

Et quelque faux que soient eu général, les bruits qui circulentchez un peuple agité, ceux-ci n’étaient pas sans fondement. Bien avantla fuite de la maison de Bragancc, le projet de cette fuite avait étécommuniqué à la cour de Madrid , soumis à son jugement, discutéavec elle, à ce point qu’il en avait été parlé à l’ambassadeur de France .Frappé de cet exemple, le prince de la Paix, quand il désespéraitde sa situation, aimait à rêver en Amérique un asile où il iraitchercher le repos, la sécurité, la continuation de son pouvoir.Il s’en était ouvert à la reine, à qui ce projet convenait fort, et, pour ydisposer le roi, il avait commencé à l’effrayer des intentions de Napo-léon. Après lui avoir dit sur ce sujet plus qu’il ne savait, mais pas plusqu'il n’y avait, il s’était longuement étendu sur un plan de fuite enAmérique, comme surle parti le plus sûr,le plus profitable même à l’Es-pagne . Résister aux armées de Napoléon, suivant le prince de la Paix,était impossible. On pouvait lutter, mais pour finir par succomberdevant celui que l’Europe entière avait vainement essayé de combattre,et dans cette lutte on perdrait non-seulement l’Espagne , mais le ma-gnifique empire des Iudcs, cent fois plus beau que le territoire euro-péen de la maison de Bourbon . Les provinces d’outre-mer, déjà fortremuées par le soulèvement des colonies anglaises, ne demandant qu’àse déclarer indépendantes, fort travaillées en ce sens par les agentsbritanniques, profiteraient de la guerre qui absorberait les forces delà