ARANJUfcZ.
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être pour la première fois de sa vie que l’infortuné roi, dont l’esprits’éveillait sous l’aiguillon des circonstances, concevait une idée à lui,et paraissait y tenir. Il avait déjà pensé à ce mariage du prince héri-tier de la couronne avec une nièce de Napoléon , et il n’avait pas de vio-lence à se faire pour adopter un tel projet. Il voulait donc que lademande faite par Ferdinand, d’une manière irrégulière, fût renou-velée régulièrement au nom de la couronne d’Espagne , avec la solen-nité convenable, et les pouvoirs nécessaires pour traiter. Si Napoléon acceptait, il était lié envers la maison de Bourbon ; s’il refusait, onsaurait ce qu’il fallait croire de ses intentions, et il serait temps alorsde songer à la retraite.
Rien ne pouvait être plus désagréable à la reine et au favori quel’idée d’un tel mariage; car Ferdinand, époux d’une princesse fran-çaise, protégé de Napoléon, protecteur à son tour de la maison d’Es-pagne , serait devenu tout-puissant. La chute du favori et la destruc-tion de l’influence de la reine devaient s’ensuivre. Mais ne pasrenouveler pour le compte de la couronne la proposition de Ferdinand,c’était déclarer qu’il avait eu tort, non-seulement dans la forme, maisdans le fond ; c’était laisser voir à Napoléon qu’on ne voulait pas de sonalliance; c’était se priver d’un moyen assuré de sonder ses intentions,et surtout se priver d’arguments indispensables auprès de Charles IV ,pour lui faire approuver le projet de fuite en Amérique . Ces raisonsfurent celles qui ramenèrent la reine et le favori à l’idée de demanderune princesse française, c’est-à-dire de renouveler, au nom de la cou-ronne^ la proposition clandestine de Ferdinand. C’était la seule foispeut-être qu'il eût fallu débattre une résolution avec Charles IV , laseule fois assurément, pendant tout son règne, qu’une de ses volontésftit devenue celle du gouvernement.
En conséquence, on fit écrire par Charles FV une lettre des plus affec-tueuses, pour prier Napoléon d’unir l’héritier de la couronne d’Es-pagne à une princesse de la maison Bonaparte. On ne se borna pas àcette demande. On réclama de Napoléon , dans une seconde lettrejointe à la première, l’exécution immédiate du traité de Fontainebleau,la publication de ce traité, et l’entrée en possession, pour les coparta-geants des provinces portugaises, du lot qui leur revenait à chacun.Cette réclamation, inspirée par le prince de la Paix, lui tenait fort àcœur, car il était impatient de se voir prolamer prince souverain ; elle
était en outre dans les inlérêts bien entendus de la maison d’Espagne ,
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