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nlère réponse de Napoléon, on lui fit écrire par Charles IV une nou-velle lettre, à la date du ?» février, huit ou dix joursaprès la conclusiondu procès de l’Escurial , dans le but de le forcer à s’expliquer, de tou-cher son cœur s’il était possible, d’en appeler même à son honneur,fort intéressé à tenir les paroles qu’il avait données. Dans celte lettre,Charles IV avouait les alarmes qu’il commençait à concevoir à l’ap-proche des troupes françaises, rappelait à Napoléon tout ce qu’il avaitfait pour lui complaire, toutes les preuves de dévouement qu’il luiavait données, le sacrifice de scs flottes, l’envoi de ses armées en payslointain, et lui demandait, en retour d’une si fidèle alliance, la décla-ration franche cl loyale de ses intentions, ne pouvant pas supposerqu’elles fussent autres que celles que lEspagne avait méritées. Lepauvre roi ne savait pas, en écrivant de la sorte, que celte fidèle al-liance avait été entremêlée de mille trahisons secrètes, que ce sacrificede scs flottes n’avait servi qu’à faire détruire les deux marines à Tra-f'algar, que l’envoi d’une division à Hambourg n’avait rendu d’autreservice que celui d’une démonstration, et que l’Espagne avait été uneauxiliaire inutile à elle-même et à ses alliés, quelquefois même l’oc-casion de beaucoup d’inquiétudes pour eux. Ignorant ces choses commetoutes les autres, il adressa av^c une bonne foi parfaite ces questions àNapoléon, sous la dictée de ceux qui savaient, pensaient et voulaientpour lui. Ce malheureux prince ne pouvait pas croire qu’à la fin de sesjours, après n’avoir jamais cherché à nuire, il pût être réduit ou à sebattre ou à s’enfuir, convaincu qu’il était que, pour régner honnête-ment et sûrement,si suffisait de n’avoir jamais voulu mal faire; ce dontil était bien sûr, car il n’avait jamais rien fait que chasser, soigner seschevaux et ses fusils.
Cette lettre, destinée à Napoléon, fut suivie des lettres les plus pres-santes pour M. Yzquierdo. On le suppliait de se procurer à tout prix,quoi qu’il en dût coûter, la connaissance précise des intentions de laFrance ; d’essayer de les changer à force de sacrifices si elles étaienthostiles; ou bien, si on ne pouvait les changer, de les faire connaîtresu moins, afin qu’on pût en combattre ou en éviter les conséquences.On lui ouvrit tous les crédits nécessaires, si l’or était un moyen deréussir dans une pareille mission.
Les dépêches dont il s’agit arrivèrent à Paris au milieu de février.Napoléon avait éludé la demande d une princesse française pour Fer-dinand, en feignant d’ignorer si ce prince avait obtenu la grâce de ses