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LIVRE XXIX.
parents. Ne pouvant plus alléguer un doute à ce sujet, et questionnédirectement sur ses intentions, il sentit que le jour du dénoùment étaitvenu, et qu’après s’ètre fixé sur la résolution de détrôner les Bourbons,il fallait se lixer enfin sur les moyens d’y parvenir, sans trop révolterle sentiment public de l’Espagne, de la France et de l’Europe . C’étaitlà le seul point sur lequel il eût véritablement hésité; car s’il avaitadmis un moment comme praticable le plan de rapprocher les deuxdynasties par un mariage, et comme discutable le plan de s’adjugerune forte partie du territoire espagnol , au fond il avait toujours pré-féré, comme plus sur, plus décisif, plus honnête même, de n’enleverà l’Espagne que sa dynastie et sa barbarie, eu lui laissant son territoire,ses colonies et son indépendance. Mais le moyen de rendre suppor-table cet acte de conquérant, même dans un temps où l’on avait vutomber non-seulement la couronne des rois, mais leur tète, le moyenétait difficile à trouver. La famille de Bragance par sa fuite lui enavait elle-même suggéré un, auquel il avait fini par s’arrêter, ainsiqu’on l’a vu : c’était d’amener la cour d’Espagne à s’embarquer à Cadix pour le nouveau monde. Rien ne serait plus simple alors que de se pré-senter à une nation délaissée, de lui annoncer qu’au lieu d’une dynastiedégénérée, assez lâche pour abandonner sou trône et son peuple, on luidonnait une dynastie nouvelle, glorieuse, paisiblement réformatrice,apportant à 1 Espagne les bienfaits de la révolution française sans sesmalheurs, la participation aux grandeurs de la France sans les horriblesguerres que la France avait eues à soutenir. Cette solution était nalu.relie, moins sujette à blâme qu’aucune autre et fournie par la lâchetémême des familles abâtardies qui régnaient sur le midi de l’Europe .Elle devenait d’ailleurs de jour eu jour probable , puisqu’à chaquenouvel accès de terreur que ressentait la cour d’Espagne , le bruit d’uneretraite en Amérique , écho des agitations intérieures du palais , cir-culait dans la capitale. Il suffisait, pour pousser cette terreur aucomble, de faire avancer définitivement les troupes françaises versMadrid , en continuant de garder sur leur destination un silence mena-çani. En conséquence Napoléon disposa toutes choses pour amener lucatastrophe en mars; car, s’il fallait agir en Espague, le printempsétait la saison la plus favorable pour introduire nos jeunes soldats danscelte contré aride et brûlante, qui, au physique comme au moral, estle commencement de l’Afrique . On était à la moitié de février ; Napo-léon avait un mois jusqu’à la moitié de mars pour faire ses derniers