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préparatifs. Il 1rs commença donc immédiatement après avoir reçu lalettre inlerrogative du roi Charles IV (datée du 5 février), dans laquelle<e malheureux prince le suppliait d expliquer ses intentions à l’égardde l’Espagne .
Mais avant de provoquer à Madrid le dénoùment qu’il désirait, illui fallait prendre un parti sur une question non moins grave que celled Espagne , sur la question d’Orient ; car dans le moment l’une se trou-vait liée à l’autre. Si quelque chose en effet pouvait ajouter à l’impru-dence de se charger de nouvelles entreprises, quand on en avait déjàde si considérables sur les bras, c’était de s’engager dans l’affaire d’Es-pagne avec la Russie mécontente. Quelque habituée que fût l’Europe aux spectacles nouveaux, quelque préparée quelle fût à la fin prochainedes Bourbons d’Espagne , il y avait loin encore de la prévoyance à laréalité, et le renversement de l’un des plus vieux trônes de l’universdevait causer une émotion profonde, faire passer delà tète de l’Angle-terre sur celle de la France la réprobation excitée par le crime deCopenhague. Bien que la Prusse fût écrasée,l’Autriche alternativementirritée ou tremblante, il eût été souverainement imprudent de ne pass’assurer, à la veille du plus grand acte d’audace, l'adhésion certainede la Russie . C’était en effet l’un des graves inconvénients de l’entre-prise d’Espagne que d’enlraincr inévitablement des sacrifices en Orient,et ce fut, comme on le verra plus tard, l’une des plus regrettablesfautes de l’Empereur dans cette circonstance, que de n’avoir pas sufaire franchement ces sacrifices. Il en eût été autrement, si ayant moinsentrepris au Nord, si ayant abandonné l’Allemagne à la Prusse satis-faite, il n’avait pas eu à laisser sur la Vistule trois cent mille vieuxsoldats, qui composaient la véritable force de l’année française . Sebornant alors à occuper l’Italie et l’Espagne , ayant ses armées concen-trées derrière le Rhin et personne à craindre ou à soutenir au delà decette frontière, il aurait pu se dispenser d’acheter par des sacrifices leconcours de la Russie . Et si elle avait voulu profiter de l’occasion pourse jeter en Orient, l’Autriche elle-même, quoique inconsolable de laperte de l’Italie, fût devenue l’alliée de la France pour défendre le basDanube. Mais Napoléon ayant détruit la Prusse, créé en Allemagne des royautés éphémères, et semé du Rhin à la Vistule la haine et l’in-gratitude, il lui fallait au Nord un allié, même chèrement acheté.
Le général Savary avait été remplacé à Saint-Pétersbourg par 31. deCaulaincourt, et presque en même temps M. de Tolstoy, ambassadeur