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l’amitié en épousant à Tilsit la politique de la France , bien légère-ment compromis les intérêts du commerce russe eu déclarant la guerreà la Grande-Bretagne; que la Finlande était une bien faible compen-sation pour de tels sacrifices; qu'il fallait pour les payer convenable-ment la Valachie et la Moldavie au moins ; mais que jamais onn’obtiendrait de Napoléon ces belles provinces, et que leur jeuneempereur en serait cette fois pour une inconséquence et un désagré-ment de plus.
M. de Caulaincourl se liàla de transmellrc ces divers renseigne-ments à Napoléon, et lui déclara que sans doute la cour de Russie ,quoique vivement dépitée, ne ferait pas la guerre, mais qu’on nepourrait plus compter sur elle, si on ne lui accordait pas ce qu’avecou sans raison elle s’était flatté d'obtenir.
Le général Savary, revenu de Saint-Pétersbourg , corrobora de sontémoignage les rapporlsdeM. de Gaulaincourt,lesappuya du récit d’unefoule de détails qu’il avait accueillis Iui-mème, et confirma Napoléondans l’idée qu’il dépendait de lui de s’attacher entièrement l’empe-reur Alexandre, de l’enchaîner à tous ses projets, quels qu’ils fussent,moyennant une concession en Orient. Décidé, dès le milieu de fé-vrier, à en finir avec les Bourbons d’Espagne , Napoléon n’hésitaplus, et prit son parti de payer sur les bords du Danube la nouvellepuissance qu'il se croyait près d’acquérir sur les bords de l’Èbre et duTagc.
C’était assurément le meilleur parti qu’il pût adopter; car quoiqu’ilfût bien fâcheux de conduire soi-même par la main les Russes à Con-stantinople , ou du moins de les rapprocher de ce but de leur éternelleambition, cependant il fallait être conséquent, et subir la conditionde ce qu’on allait entreprendre. Il fallait accorder une ou deux provin-ces sur le Danube, pour acquérir le droit de détrôner en Espagne l’unedes plus vieilles dynasties de l’Europe , et de renouveler au delà desPyrénées la politique de Louis XIV . Du reste, si on s’était borné àdonner aux Russes la Moldavie et la Valachie sans la Bulgarie , c’est-à-dire à les mener jusqu’aux bords du Danube , en prenant soin de les yarrêter; si en même temps on avait procuré aux Autrichiens la Bosnie ,la Servie, la Bulgarie, pour les opposer aux Russes en les plaçant eux-mèines sur le chemin de Constantinople , le mal n’eût pas été à beau-coup près aussi grand. L’Albanie, la Morée auraient été pour la France une belle compensation, et l’on n’aurait pas acheté trop cher la conccs-