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ARAKJUEZ.

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pas le cas de s’emparer de tous les rivages de la Méditerranée, et dese servir du dévouement momentané qu’il inspirerait à la Russie pourdiriger une armée sur l’Inde, à travers le continent partagé de l’Asie .Bien que chimériques aux yeux d une génération ramenée, comme lanôtre, à de fort médiocres proportions, il ne faut pas juger ces projetsde notre point de vue présent. 11 faut songer que l’homme qui con-cevait ces rêves pouvait à volonté faire et défaire des rois, prononcerd’un mot sur les grandes monarchies de l’Europe ; et, bien qu’à notreavis il s’abusât, il ne faudrait pas croire qu’on mesure exactementretendue de son erreur, en la mesurant d’après nos idées actuelles ;car, en jugeant ainsi, notre petitesse se tromperait autant que s’étaittrompée sa grandeur. Parvenu au faite de la toute-puissance, livré àune fermentation d’idées continuelle, il estimait que toutes ces ques-tions devaient être examinées ; et, bien qu’il en redoutât la solutionautant que son allié la désirait, il ne le trompait point eu les mettanten discussion, car dans l'immensité de ses vues il était quelquefois toutdisposé à les résoudre.

Quoi qu’il en soit, Napoléon ayant poussé l’empereur Alexandre surla Finlande , lui ayant donné à discuter le partage de l’empire turc, sedit qu’il avait plusieurs mois devant lui, et il se décida à mettreenfin à exécution le plan auquel il s’était arrêté relativement à l'Es-pagne .

On a déjà vu quel était ce plan. 11 consistait à augmenter progres-sivement la terreur de la cour d’Espagne , jusqu’à la disposer à fuir,comme avait fait la maison de Bragancc. Pour cela il employa lesmoyens les plus astucieux, et fit en celte circonstance un emploi deson génie qu’on ne saurait trop regretter. Toutes les troupes étaientprêtes. Le général Dupont avec 23,000 hommes était sur la route deValladolid, une division sur Ségovie prenant la direction de Madrid .Le maréchal Moncey avec 30,000 était entre Burgos et Aranda, routedirecte de Madrid . Le général Duhesme avec 7,000 ou 8,000 hommes,presque tous Italiens, marchait sur Barcelone. 5,000 Français venantdu Piémont et de la Provence étaient en roulepour le joindre. Une divi-sion de 3,000 hommes s’acheminait par Saint-Jean-Pied-de-Porl surPampelune . Une seconde, composée des quatrièmes bataillons des cinqlégions de réserve, allait renforcer la première. Une réserve d’infante-rie s’organisait à Orléans, une de cavalerie à Poitiers . C'étaient 80,000hommes environ, tous jeunes soldats, n’ayant jamais vu le feu, mais