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LIVRE XXIX.

rieurs. Le général Belliard fui placé auprès de lui comme chef d’élal-major, le général Grouchy comme commandant de sa cavalerie. Legénéral Lariboissière fut chargé de diriger l’artillerie de l’armée.Celui-ci devait acheminer sur Bayonne , de tous les dépôts d’artilleriesitués dans l’Ouest et le Midi, des munitions considérables, et notam-ment des outils, des artifices capables de faire sauter la porte d’uneville ou d’un château-fort. Les transports se faisant à dos de mulets enEspagne, ordre fut sur-le-champ expédié à Bayonne d’en acheter cinqcentsdesineilleurs et des plus beaux. Le ministère du trésor public,M.Mol-ien, fut invité à diriger plusieurs millions de numéraire, dont deuxen or, sur Bayonne , pour suffire â toutes les dépenses de l’armée, etles acquitter argent comptant. Il devait dresser en outre un tarif équi-table présentant la valeur comparative des monnaies françaises et espa-gnoles, qu’on publierait dans toutes les villes d’Espagne où l’on passe-rait, atin d’éviter les collisions entre les soldats et les habitants.

A ces instructions données pour les corps entrant en Espagne enfurent ajoutées d’autres pour l’armée de Portugal . Napoléon voulait nerien coûter à l’Espagne dans une entreprise qui allait lui coûter sadynastie. Mais il ne se faisait pas les mêmes scrupules à l'égard du Por-tugal , qu'il était autorisé à traiter en pays conquis et allié de l’Angle-terre. Calculant la richesse de ce pays, plutôt d'après celle des coloniesque d’après celle de la métropole, il prescrivit à Juuot d’y frapper unecontribution de cent millions. Il lui recommanda la sévérité la plusextrême pour toute tentative d'insurrection, en lui rappelant commeexemple à suivre la manière terrible dont il avait réprimé le Caire enÉgypte, Pavie et Vérone en Italie . Il lui ordonna de dissoudre l’arméeportugaise, et d’envoyer en France tout ce qui ne pourrait être licencié.Il lui enjoignit expressément d’avoir l'oeil sur les divisions espagnolesqui avaient concouru à l’invasion du Portugal , de les attirer le plus loinqu’il pourrait des frontières d’Espagne , de tenir le gros de ses forces àLisbonne , et deux petites divisions françaises, de 4,000 à 5,000 hom-mes chacune, l’une à Almcida pour contenir les troupes espagnoles dugénéral Taranco qui occupait Oporto, l’autre à Badajoz pour marcherau besoin sur l’Andalousie ; de garder cet ordre absolument secret, et,si on apprenait qu’une collision eût éclaté entre les Espagnols et lesFrançais , de répandre parmi les Portugais que le motif de la collisionn’était autre que le Portugal lui-même, dont les Espagnols voulaientla possession qu’on leur avait refusée.