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Eufm Napoléon donna des ordres à la garde, car il prévoyait qu’ilserait obligé de se rendre lui-mèmc en Espagne , soit pour diriger laguerre si elle venait à y éclater, soit pour diriger la politique si elleréussissait à terminer les événements d’Espagne, comme ceux de Por-tugal , par la fuite de la famille royale. Il avait successivement expédiésur Bayonne les mameluks, les Polonais, les marins de la garde , plu-sieurs détachements de chasseurs et de grenadiers à chesal, et un ré-giment de fusiliers, c’est-à-dire 5,000 hommes environ. Il envoya lebrave Lepic pour les commander, avec ordre d’être dans les premiersjours de mars à Burgos, l’infanterie à Burgos même, la cavalerie sur laroule de Bayonne à Burgos .
Ces dispositions militaires ne suffisaient pas pour atteindre complè-tement le but que se proposait Napoléon . Tandis que ses troupes de-vaient s’avancer mystérieusement sur Madrid , ne disant de parolesrassurantes que pour le peuple espagnol , et pas une seule pour lafamille régnante, il fit agir sa diplomatie dans le même sens. M. deBeauharnais demandait sans cesse à Paris des instructions pour unecatastrophe qui semblait imminente. 11 sollicitait surtout la permissiond’accorder quelques témoignages d’intérêt à Ferdinand, toujours con-vaincu qu’il fallait renverser le favori au profit de ce prince, et opérerla fusion des deux dynasties par un mariage. Napoléon , qui étaitmaintenant bien éloigné d’un plan pareil, et qui se riait souvent de lacrédulité deM. deBeauharnais, de sa gaucherie, de son avarice, de l’im-portance qu’il aimait à se donner, et qui le laissait où il était, parcequ’un honnête homme sans esprit lui convenait mieux qu’un autrepour jouer le personnage ridicule d’un ambassadeur à qui on laissaittout ignorer, lui fil prescrire de garder la neutralité la plus absolueentre les factions qui divisaient l’Espagne , de ne témoigner d’intérêtà aucune d’elles, de répondre seulement, quand ou lui parlerait desdispositions de l’Empereurdes Français , qu’il était mécontent, très-mé-content, sans dire de quoi; d’ajouter, quand on lui parlerait de lamarche des armées françaises, que Gibraltar, Cadix réclamaient pro-bablement une concentratoin de troupes, car les Anglais amenaientbeaucoup de forces sur ce point, mais que le cabinet espagnol était siindiscret qu’on ne pouvait lui confier le secret d’une seule opérationmilitaire.
Ces instructions suffisaient pour le rôle qu’avait à jouer M. deBeauharnais. Mais Napoléon employa un moyen plus sur pour remplir