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causer à la cour d’Espagne une agitation après laquelle elle ne pourraitplus demeurer en place, et serait amenée à une résolution définitive.M. Yzquierdo quitta Paris le jour même.
Il fallait en même temps répondre à la lettre du 8 février, par la-quelle Charles IV éperdu avait demandé à Napoléon de le rassurer surses intentions, cl sur la marche des troupes françaises qui avançaienten ce moment vers Madrid. Dans celle lettre Charles IV n’avait plusparlé du mariage de son fils avec une nièce de Napoléon, voyant quecelui-ci affectait de ne plus songer à cette proposition. Comme quel-qu’un qui cherche une mauvaise querelle, Napoléon, au lieu de s’ap-pliquer dans sa réponse à dissiper les alarmes de Charles IV , semblase plaindre de ce qu’au sujet du mariage on gardait un silence dont ilavait lui-même donné l’exemple. Cette réponse, datée du 25 février,était fort courte et fort sèche. Il y rappelait que le 18 novembre le roiCharles lui avait demandé une princesse française, qu'il avait répondule 10 janvier par un consentement conditionnel ; que le 5 février le roiCharles, lui écrivant de nouveau, ne lui parlait plus de ce mariage; etil ajoutait que cette dernière réticence le laissait dans des doutes dontil avait besoin de sortir, pour régler des objets d’une grande impor-tance.
Cette nouvelle lettre, qui n’était qu’un refus de rassurer l’infortunéCharles IV , et qui, rapprochée des autres circonstances du moment,devait le remplir d’effroi, fut portée par M. de Tournon , chambellande l’Empereur, lequel avait déjà été envoyé à Madrid pour une pareillemission, et joignait à beaucoup de dévouement beaucoup de sens etd’amour de la vérité. Il avait pour instruction de bien observer lamarche et la conduite des troupes françaises, les dispositions du peupleespagnol à leur égard, de bien observer aussi ce qui se passait à l’Escu-rial, et de revenir ensuite à Burgos vers le la mars, pour y attendrel’arrivée de Napoléon. Celui-ci en effet avait calculé que ses ordres,donnés du 20 au 25 février, auraient leurs conséquences en Espagne dans le milieu de mars, et qu’à cette époque il faudrait qu’il fût lui-même de sa personne à Burgos , pour y tirer des événements, toujoursféconds en cas imprévus, le résultat qu’il désirait.
On avait donc toutlieu de croire que la cour d’Espagne , déjà fort tentéede suivre l’exemple delà maison de Bragance, quand elle verrait l’annéefrançaise s’avancer sur Madrid , M. de Beauharnais ne disant rien parcequ’il ne savait rien, et M. Yzquierdo disant beaucoup parce qu’il craignait
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