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LIVRE XXIX.

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attirent après elles, forment ce qu’on peut appeler le bourg d’Aranjucz.

A peine arrivé, le prince de la Paix donna les ordres definitifs pourle départ, qui fut fixé au mardi ou mercredi, 15 ou 16 mars. Lemajordome de la cour avait déjà fait préparer les voitures royales. Desrelais étaient échelonnés sur la roule d’Ocagna, qui est celle de Séville .On avait prescrit à Madrid , aux gardes wallonnes et espagnoles, auxgardes du corps qui n’étaient pas de service, de se tenir prêts à partirpour Aranjuez .

Mais il fallait enfin, bien qu’on n'cùt tenu aucun compte de la résis-tance de certains ministres, leur annoncer la résolution définitive dela cour, et leur demander la signature de divers ordres. Le prince dela Paix, aussitôt son arrivée à Aranjuez , avait fait appeler plusieursd'entre eux à la résidence royale, principalement le marquis de Caballero, qui s’était fait attendre. Le prince de la Paix impatienté l’ac-cueillit assez mal. Ce ministre, obstiné dans sa résistance, refusa deconcourir, soit de son consentement, soit de sa signature, au départqui n’était plus projeté, mais résolu. » Je vous ordonne de signer, luidit. le prince dans un mouvement de colère. — Je ne reçois des ordresque du roi, » répondit M. de Caballero. Une telle opposition, de lapart d’un homme qui ne sc distinguait pas par l’audace du caractère,aurait dû prouver à quel point l’autorité du favori était déjà ébranlée.Les autres ministres étant survenus, une vive altercation s’établit entreeux. M. de Caballero. poussé au dernier degré d irritation, reprocha àM. de Cevallos sa lâche complaisance pour le prince de la Paix, et nefut soutenu que par le ministre de la marine. On se sépara sans con-clure, et à leur sortie du palais, ces conseillers de la couronne, conser-vant sur leur visage et dans leur langage l’agitation dont ils étaientpleins, laissèrent entendre des paroles qui apprirent au public de quoiil s’agissait, de quoi on était menacé.

De son côté, le prince des Asturies, son oncle don Antonio, avaientcommuniqué à leurs affidés ce qui était à leur connaissance, et avaienten quelque sorte demandé secours contre la violence qu’on leur pré-parait. Les officiers dévoués que le prince comptait dans les gardesdu corps, avaient parlé à leur troupe, qui était disposée à enfreindretoutes les règles de la subordination au premier mot qu’on lui dirait.La domesticité, qui savait , par les préparatifs mêmes qu’elle avait faits,à quel point le voyage était prochain, et qui se détachait avec regretdu vieux séjour où elle était habituée à vivre, avait prévenu les ha-