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AliANJÜEZ.

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bilanls d’Aranjuez . Ceux-ci , désolés d’ètre privés de la préseucede la cour, étaient résolus à empêcher son départ, et ils avaient,en ébruitant dans les campagnes environnantes le projet de fuite,attiré les redoutables paysans de la Manche, trcs-fâchés aussi devoir la cour les quitter et leur enlever l’avantage de la nourrir. L’af-fluence à Aranjuez devenait extrême, et déjà les visages les plus si-nistres et les plus étranges commençaient à y paraître. Un personnagesingulier, le comte de Monlijo, persécuté par la cour, ayant, avec lanaissance et la fortune d’un grand seigneur, l’art et le goût de remuerles masses populaires, était au milieu de cette foule, prêt à lui donnerle signal de l'insurrection. On voyait donc des bourgeois d’Aranjuez ,des paysans de la Manche, mêlés à des gardes du corps, réunis toutpar l’anxiété, l’intérêt, la passion, faire autour du château une gardecontinuelle.

Le lundi 11, lendemain de l’altercation entre M. Caballero et leprince de la Paix, fut extrêmement agité. Le mardi 15, le spectacledes derniers préparatifs de la cour, les propos des ministres dissidents,certaines paroles attribuées au priuce des Asturies , qui demandaitsecours, disait-on, contre ceux qui voulaient l’emmener en Andalousie ,produisirent une telle émotion qu’on s’attendait à chaque instant àvoir éclater une insurrection populaire. C’en était déjà l’aspect, c’enétaient les cris : il n’y manquait plus que les actes et la violence.

Le lendemain malin 16, jour de mercredi, les auteurs du projet devoyage, voyant, que le départ allait devenir impossible si on ne rame-nait un moment <le calme dans cette population agitée, imaginèrent depublier une proclamation, par laquelle Charles IV promettrait de nepas quitter Aranjuez . Celte proclamation fut en effet immédiatementrédigée, lue et. placardée dans les principales rues d’Aranjuez , et en-voyée en toute hâte à Madrid . « Mes chers sujets, disait-elle en sub-stance, ne vous alarmez ni sur l’arrivée des troupes de mon magnanimeallié l’empereur des Français, entrées en Espagne pour repousser undébarquement de l’ennemi sur nos côtes, ni sur mes prétendus projetsde départ. Non, il n’est pas vrai que je veuille m’éloigner de mon bien-aimé peuple. Je veux rester, vivre parmi vous, comptant sur votredévouement, si j’en avais besoin contre un ennemi, quel qu’il fut.Espagnols, calmez-vous donc, votre roi ne vous quittera pas. »

Cette proclamation, inspirant aux esprits un peu de sécurité, lescalma pour un instant. La multitude se porta devant la résidence