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B .YONNE.

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par la révolution d’Aranjucz. Murat crut qu’il fallait en faire sortir untout nouveau des circonstances clles-mcmes. En conséquence, il eutl’idée de convertir en une protestation formelle contre l’abdicationdu 19 les regrets que les vieux souverains manifestaient de leur dé-chéance, et, après avoir obtenu la rédaction, la signature, la remiseen ses mains de cette protestation, de refuser la reconnaissance deFerdinand VII ; ce qui se pouvait très-naturellement, car il riait im-possible que Ferdinand Vil, après une telle manière d’arriver au trône,fut reconnu avant qu’on en eut référé à l’autorité de Napoléon. Le ré-sultat de cette combinaison allait être de laisser l'Espagne sans souve-rain; car le vieux roi, déchu par le fait, ne reprendrait pas le trôneen protestant, et la royauté de Ferdinand Vil, grâce à cette protesta-tion, resterait en suspens. Entre un roi qui n’était plus roi, qui nepouvait plus l’ètre, et un roi qui ne l’était pas encore, qui ne le seraitjamais si on ne voulait pas qu’il le fût, l’Espagne allait sc trouver sansautre maître que le général commandant l’armée française. La fortunerendait ainsi le moyen quelle avait enlevé eu empêchant le départ deCharles IV .

L’esprit de Murat, aiguisé par l’ambition, venait d’inventer tout ceque le génie de Napoléon, dans son astuce la plus profonde, imaginaquelques jours plus tard, à la nouvelle des derniers événements. Sansperdre un moment, et avec toute la vivacité de ses désirs, Murat litrepartir M. de Montliyon pour Araujucz, lui donnant l’ordre de revoirsur-le-champ la famille royale, et de lui proposer, puisqu’elle déclaraitavoir été contrainte, de protester contre l’abdication du 19, de pro-tester secrètement si elle n’osait le faire publiquement, de renfermercette protestation dans une lettre à l’Empereur, qui ne pouvait man-quer d’arriver sous peu de jours en Espagne , et qui serait ainsi con-stitué l’arbitre de l’usurpation odieuse commise par le tils au détrimentdu père. Murat promettait de gagner auprès de Napoléon la cause desvieux souverains, et, en attendant, de protéger non-seulement eux,mais le malheureux Godoy, devenu le prisonnier de Ferdinand VII .

M. de Monthyon repartit pour Aranjuez , et Murat sc liàta d’écrireà l’Empereur pour l’informer de ce qui s’était passé, et lui mander lacombinaison qu’il avait imaginée. Parvenu le 22 au soir à Chamartin,sur les hauteurs mêmes qui dominent Madrid , il s’apprêta à y faire sonentrée le lendemain. Il venait de recevoir l’envoyé de Ferdinand VII ,le duc del Parque, chargé de le complimenter au nom du nouveau roi