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LIVRE XXX.

d’Espagne, de lui offrir l’enlrée dans Madrid , des vrvrcs, des logementspour l’année, el l’assurance des intentions amicales de la jeune courenvers la France . Murat fit au duc del Parque un accueil gracieux oùperçait cependaut un peu de cette présomption qui lui était propre,et, en acceptant les assurances qu’il avait mission de lui apporter, luiexprima assez clairement que l’Empereur seul pouvait reconnaîtreFerdinand VII , et légaliser au nom du droit des gens la révolutiond’Àranjucz. Il lui déclara qu’il ne pouvait, quant à lui, en attendantla décision impériale, voir dans le nouveau gouvernement qu’un gou-vernement de fait, et donner à Ferdinand VII d’autre titre que celuide prince des Asturies. Ce genre de relations fut accepté, puisque lelieutenant de Napoléon n’en admettait pas d’autre, et tout fut disposépour l’entrée des Français dans Madrid le lendemain 25 mars 1808.

Les meneurs de la nouvelle cour, quoique très-peu sages, avaientsenti néanmoins la nécessité de prévenir une collision avec les Fran-çais ; car leur royauté, sortie d’une révolution de palais, aurait pu êtreenlevée par un régiment de cavalerie. Eu conséquence, ils avaientfort recommandé à Madrid de bien accueillir les troupes françaises ,et, pour être assurés qu’il eu serait ainsi, ils avaient fait afficher àtous les coins de la capitale une proclamation , dans laquelle Ferdi-nand VII eu appelait aux sentiments de bienveillance qui devaient ani-mer l’une à l’égard de l’autre deux nations anciennement alliées. LesEspagnols , comprenant celte politique aussi bien que leur jeune roi,et entraînés de plus par la curiosiLé, étaient donc parfaitement disposésà courir au-devant de Murat, et à lui prodiguer leurs acclamations.

Le 25 au matin , Murat réunit sur les hauteurs situées en arrièrede Madrid , lesquelles ne sont que les dernières pentes du Guadar-rama, une partie de son armée, qui consistait eu ce moment dans lesdeux premières divisions du maréchal Muncey, dans la cavalerie detous les corps, et dans les détachements de la garde impériale envoyésde Paris pour former l’escorte de Napoléon. Il fit son entrée au milieudu jour, à la tête d’un brillant état-major, et charma tous les Espa-gnols par sa bonne mine, et son sourire confiant et gracieux. La gardeimpériale frappa singulièrement les Espagnols ; les cuirassiers, par-leur grande taille, leur armure et leur discipline, ne les frappèrent pasmoins. Mais l’infanterie du maréchal Moncey, composée en majeurepartie d’enfants mal vêtus et harassés de fatigue, inspira plus de com-misération que de crainte, ce qui était fâcheux chez un peuple dont