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l’eft'rayer sur la fausse manière dont il avait entendu les intentions deNapoléon, eu contribuant à empêcher le voyage d’Andalousie (ce qu'àtort ou à raison l’on imputait en elfet à M. de Beauharnais). Alurat,pour l’inquiéter davantage, lui affirma, ce qu’il ne savait pas, que Na-poléon aurait voulu le renouvellement de la scène de Lisbonne ; puis illui suggéra, comme un moyen certain de réparer sa faute, l'idée de setransporter immédiatement à Aranjuez pour obtenir de Ferdincnd VIIqu’il fit. rétrograder les troupes espagnoles, qu’il ne vint pas à Madrid , etqu’il laissât sa nouvelle royauté en suspens, jusqu’à la décision de Na-poléon. M. de Beauharnais , cédant à ces conseils, partit à l’instantmême pour Aranjuez , afin de faire, sinon tout, au moins une partie dece que désirait Murat.
Arrivé auprès de Ferdinand, il lui demanda d’abord avec son opi-niâtreté ordinaire le renvoi des troupes espagnoles dans leurs premièrespositions. Ferdinand n’avait pas encore à coté de lui ses deux confi-dents principaux, le chanoine Esco'iquiz cl le duc de ITnlantado, exiléstrop loin de Madrid pour avoir eu le temps de revenir, il avait gardéquelques-uns des ministres de son père, notamment MM. de Cevalloset de Caballero, et, après les avoir consultés, il lit envoyer au généralTarauco cl au marquis de Solano l'ordre de rentrer en Portugal , ou dumoins de s’arrêter sur la frontière de ce royaume, pour y attendre denouvelles instructions. Les troupes du marquis de Solano en particu-lier durent retourner, par Tolède et Talavera, à Badajoz . Cette pre-mière partie de sa commission remplie, M. de Beauharnais, soit qu’iln’cùt pas compris l’intention de Murat quant à la seconde, soit que,l'ayant comprise, il ne voulut pas s’y conformer, s’attacha à persuaderà Ferdinand qu’il fallait acquérir à tout prix la bienveillance de Napo-léon , et pour cela courir à sa rencontre, se jeter dans ses bras, en luidemandant son amitié, sa protection, cl une épouse; que plus tôt ilferait une pareille démarche, plus tôt il serait assuré de régner; que lemieux serait de partir à l’instant même d’Aranjuez pour un tel voyage;qu’il n’aurait pas à faire beaucoup de chemin, car il trouverait Na-poléon eu route ; qu’eufin il ne fallait venir à Madrid que pour letraverser, et se transporter le plus promptement possible à Burgos ouà Vittoria.
C’était de très-bonne foi, et sans se douter qu’il contribuait de soncôté, comme Murat du sien, à l’invention de l’intrigue à laquelle Fer-dinand succomberait bientôt, que M. de Beauharnais donnait un sein-