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UVRF. XXX.
blable conseil. Ferdinand VII ne le repoussa point, mais il remit sadécision à l’arrivée des deux confidents sans lesquels il ne voulait rienentreprendre de grave. Il adopta du conseil de M. de Beauharnais cequi lui convenait actuellement, c’était de quitter Aranjuez pour serendre tout de suite à Madrid , et il annonça son entrée solennelle dansla capitale pour le lendemain 21.
M. de Beauharnais, revenu h Madrid , raconta naïvement à Murattout ce qu’il avait dit et fait. Murat crut y voir un calcul perfide pouramener Ferdinand à entrer immédiatement à Madrid , et à prendre unpeu plus tôt possession de la couronne. Il le dénonça sans perdre detemps h l’Empereur, comme un secret complice de Ferdinand VII ,comme un agent actif de la révolution qui avait précipité le vieux roidu trône, comme un ambassadeur dangereux qui favorisait la nouvelleroyauté, la seule qui fût à craindre. Ces reproches dictés par l’ombra-geuse ambition de Murat, étaient cependant injustes , ou du moinsfort exagérés. M. de Beauharnais s’était dés l’origine sincèrementattaché à Ferdinand VII , parce qu’il lui semblait le seule personnagede la cour qui méritât quelque intérêt ; peut être cet attachementétait il devenu plus vif depuis qu’il s’agissait de lui faire épouser unedemoiselle de Beauharnais; mais il croyait en conscience que s’unirfortement à Ferdinand VII était pour la France la meilleure des solu-tions ; et, en poussant ce prince sur la route de France , il voulaitl’amener, non pas à Madrid , mais aux pieds de Napoléon, afin d’assurerle résultat qu’il estimait le meilleur. Du reste il n’était ni assez actifni assez habile pour avoir pris une part quelconque à la dernière ré-volution, où il n'avait figuré qu’en apportant au vieux roi, à l’instantdu danger, le secours de sa maladresse et de son courage.
Ceux qui dirigeaient les affaires de la nouvelle royauté avaient toutdisposé pour l’entrée de Ferdinand Vil dans Madrid . Bien qu’ils igno-rassent les desseins de Napoléon, ils se disaient que la royauté de Fer-dinand , étant la plus jeune, la plus vigoureuse , devait être la moinsagréable aux Français , s’ils avaient quelque mauvaise intention relativement à la couronne d’Espagne . Aussi regardaient-ils comme urgentd’entrer dans Madrid , et de recevoir du peuple de cette capitale desacclamations qui seraient une espèce de consécration nationale. Murat,étant entré le 25, c’était trop, à leur avis, que d’èlrc sur lui en retardd’un jour. En conséquence on fit annoncer la translation de la jeunecour d’Aranjuez à Madrid pour le lendemain 24 , sans autre appareilque quelques gardes et l’enthousiasme populaire.