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BAYONNE .

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les rapports intéressés des militaires, l’arrivée d’un pareil témoin pro-duisit chez Napoléon un changement de rcsolution soudain, et mal-heureusement trop court, car il dura à peine vingt-quatre heures.Napoléon partagea toutes les anxiétés de M. de Tournon à l’idée desFrançais pénétrant dans Madrid au moment d’une révolution politique,se mêlant avec leur pétulance naturelle aux factions qui divisaientl’Espagne, entrant en collision avec les Espagnols , et l’engageant dansd’immenses difficultés, peut-être dans une guerre d'extermination avecun peuple feroee, passionné pour son indépendance. Sur-le-champ ilécrivit à Murat pour lui dire que M. de Tournon allait repartir et luiporter de nouveaux ordres, qu’il marchait trop vite et. se hâtait tropde paraître sous les murs de Madrid (Murat cependant était plutôt enretard qu’en avance sur l’époque désignée par Napoléon pour l’entréedans la capitale) ; que non-seulement il marchait trop vite en portantson corps d’armée sur Madrid , mais qu’il portail trop tôt le généralDupont au delà du Guadarrama ; qu’il n’aurait pas dû, en apprenantle retour des troupes espagnoles du général Taranco vers la Vieille -Castille, dégarnir Ségovie et Valladolid ; qu’il fallait se garder de semêler aux Espagnols , de prendre part à leurs divisions, d’entrer sur-tout en collision avec eux, car toute guerre de ce genre serait funeste ;qu’on se tromperait si on croyait que les Espagnols étaient peu àcraindre parce qu’ils étaient désarmés; qu’indépendamment de leurférocité naturelle ils auraient toute l’énergie d’un peuple neuf, queles passions politiques n'avaient point usé ; que l’armée, quoiqu’ellefut à peine de cent mille hommes et dans l’impuissance de résister àla plus faible troupe française , se dissoudrait pour aller dans chaqueprovince servir de noyau à une insurrection éternelle ; que les prêtres,les moines, les nobles, comprenant bien que les Français ne pouvaientvenir que pour réformer le vieil état social de l’Espagne , useraient detoute leur influence pour exciter conlre eux un peuple fanatique ; quel Angielerre ne manquerait pas de saisir cette occasion pour nous sus-citer de nouveaux embarras et nous créer d’immenses difficultés; qu’ilfallait donc ne rien hâter, et garder entre le père et le fils une extrêmeréserve; que, relativement au père, il était impossible de le fairerégner plus longtemps, car le gouvernement de la reine et du favoriétait devenu insupportable aux Espagnols ; que, relativement au fils,c’était au fond un ennemi de la France , car il partageait au plus hautpoint tous les préjugés espagnols , et que l’aversion qu’on lui supposait