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LIVRE XXX.

gocialion directe avec Napoléon , ce serait detre obligé à quelques sacri-fices relativement aux colonies, à la nouvelle stipulation d’une alliance quin’avait pas cessé d’exister, à la concession d’une roule militaire vers le Por-tugal , et qu’en retour on obtiendrait certainement la reconnaissance dutitre du nouveau roi. Celte dernière considération était celle qui exer-çait le plus d’influence sur l’esprit de ces ignorants conseillers, de leurignorant maitre, et qui à elle seule faisait taire toutes les autres.Quoiqu’il ne leur vînt pas à l’esprit qu’on put refuser la reconnaissancede Ferdinand VII , cependant certains symptômes leur avaient donnéde l’inquiétude à ce sujet. Les égards manifestés par Murat pour lesvieux souverains , l'empressement à les protéger par un détachementde cavalerie française, la déclaration qu’on ne souffrirait aucun acle derigueur contre le prince de la Paix , quelques propos venus d’Aran-juez , où la vieil course consolait en se vantant de la protection de sonpuissant ami Napoléon , tous ces signes faisaient appréhender à Fer-dinand et à sa petite cour quelque brusque revirement politique enfaveur de Charles IV, revirement amené par l’intervention de la France .Bien queM. de Beauharnais leur eût laissé espérer, sans la leur pro-mettre, la bienveillance de Napoléon , ils u’obtcnaicnl plus depuis plu-sieurs jours de cet ambassadeur que des paroles vagues, le conseil réi-téré d’aller se jeter dans les bras de Napoléon , pour se concilier safaveur, qui n’était donc point acquise, puisqu’il fallait aller la conqué-rir si loin. Murat tenant à l’empereur des Français d’une manièrebien plus directe, était encore moins rassurant. Il ne montrait, lui,de penchant que pour les vieux souverains, et n’accordait au jeune roique le seul titre de prince des Asturies. D’après d’autres propos tou-jours venus d’Aranjuez , on craignait que les vieux souverains n’eussentl’idée d’aller eux-memes au-devant de Napoléon lui raconter à leurmanière la révolution d’Aranjuez , surprendre son suffrage, et obtenirle redressement de leurs griefs. On craignait que le pouvoir ne revintainsi à Charles IV , cl, sinon au prince de la Paix, du moins à la reine,qui remettrait Ferdinand dans sa triste situation de fils opprimé , leduc de l’Infanlado, le chanoine Escoïquiz dans des châteaux forts, etse vengerait ainsi sur les uns et les autres des quelques jours d’abaisse-ment qu elle venait de subir, et surtout de la chute du favori, dont elleserait à jamais inconsolable.

Cette raison fut celle qui, bien plus que toute autre, bien plus quel’ignorance des affaires ou les suggestions étrangères , amena Ferdi-