bayonre.
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nanti VII et ses ineptes conseillers à l’idée de se porter tous ensembleà la rencontre de Napoléon . Le danger de compromettre dans une né-gociation imprudente des provinces, des privilèges coloniaux, ou quel-que autre grand interet delà monarchie espagnole, ne se présenta pasmême à leur esprit, tant les occupait exclusivement la crainte queCharles IV n’allât lui-mème plaider, et peut-être gagner sa cause au-près de Napoléon. Ils auraient cent lois mieux aimé voir Napoléon ré-gner en Espagne que de voir la reine y ressaisir l’autorité royale ; sen-timent que les vieux souverains éprouvaient à leur tour, et qui fittomber, pour le malheur de l’Espagne et de la France , le sceptre dePhilippe V dans les mains de la famille Bonaparte .
Dès que cette crainte eut pénétré dans l’esprit de la nouvelle cour,la question du voyage pour aller h la recontre de Napoléon se trouvadécidée, et les délibérations dont ce voyage put encore être l'objet nefurent que les hésitations d’esprits faibles qui ne savent pas même vou-loir résolument ce qu’ils désirent. Du reste, pour terminer ces hésita-tions, les efforts ne manquèrent ni de la part du prince Murat, ni dela part du général Savary. Mural se servait tous les jours de M. deBeauharnais pour faire parvenir à Ferdinand le conseil de partir, enrépétant à ce malheureux ambassadeur que c’était le seul moyen deréparer la faute qu’il avait commise en empêchant le voyage en Anda-lousie. Murat avait vu aussi le chanoine Escoïquiz . Celui-ci, se croyantbien rusé, beaucoup plus surtout que ne pouvait l’ètre un militairequi avait passé sa vie sur le champ de bataille, s’était flatté de péné-trer facilement le secret de la cour de France, en s’abouchant quelquesinstants avec celui qui la représentait à la tête de l’armée française .Murat le vit, se garda bien de promettre à l’avance la reconnaissancede Ferdinand VII, mais déclara plusieurs fois que Napoléon n’avaitque des intentions parfaitement amicales, qu’il ne voulait en rien semêler des affaires intérieures de l’Espagne , que si ses troupes se trou-vaient aux portes de Madrid au moment de la dernière révolution,c’était un pur hasard; mais que l’Europe pouvant le rendre responsablede cette révolution, il était obligé de s’assurer, avant de reconnaîtrele nouveau roi, que tout s’était passé à Aranjuez légitimement et na-turellement ; que personne mieux que Ferdinand VII ne saurait l’é-difier complètement à ce sujet; et que la présence de ce prince, lesexplications qui sortiraient de sa bouche ne pouvaient manquer deproduire sur l’esprit' de Napoléon un effet décisif. Murat dupa ainsi