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le pauvre chanoine, qui s’était flatté de le duper, et qui sortit convaincu gque le voyage amènerait infailliblement la reconnaissance du princedes Asturies comme roi d’Espagne .
On savait le général Savary arrivé à Madrid , et on le regardait,quoiqu’il fût dans une position bien inférieure à celle de Murat, commeplus initié peut être à la vraie pensée de Napoléon. On désirait doncbeaucoup une entrevue avec lui. Le chanoine Escoïquiz , le duc de l’In- ;fantado voulurent l’entretenir eux-mêmes, et le mettre ensuite en pré- ^sence de Ferdinand VII . Après avoir recueilli de sa bouche des paroles tplus explicites encore que celles qu’avait ditesMurat,parce que le général |
Savary était tenu à moins de réserve, ils le présentèrent au prince des ]Asturies . Celui-ci interrogea le général Savary sur l’utilité du voyagequ’on lui conseillait, et sur les conséquences d’une entrevue avec Na- ipoléon. Il n’était pas question encore d’aller à Bayonne , mais seule- ]ment à Burgos ou à Vittoria; car l’Empereur, assurait-on, était surle point d’arriver, et il s’agissait uniquement de lui rendre hommage,de dévancer auprès de lui les vieux souverains, d’ètre les premiers àparler, pour lui expliquer, de manière à le convaincre cette inexplicable lrévolution d’Aranjucz. Le général Savary, sans engager la parole del’Empereur, dont il ignorait, disait-il, les intentions sur des événe- ;meuts qui étaient inconnus lorsqu’il avait quitté Paris , n’eut pas depeine à abuser des gens qui se seraient trompés à eux seuls, si on ne jles avait trompés soi-même. Affectant de ne parler que pour son pro- jpre compte, il affirma cependant que , lorsque Napoléon aurait vu le iprince espagnol , entendu de sa bouche le récit des derniers événe-ments, et surtout acquis la conviction que la France aurait en lui un i
allié fidèle, il le reconnaîtrait pour roi d’Espagne . Il arriva là ce qui l
arrive dans les entretiens de ce genre : le général Savary crut n’avoir i
rien promis eu faisant beaucoup espérer, et Ferdinand VII crut que 1
tout ce qu’on lui avait donné à espérer, on le lui avait promis. Le gé- j
néral n’avait pas plutôt quitté le prince, que la résolution, déjà prise |
à peu près, de se rendre au devant de Napoléon fut definitivement ar- j
rètée. Toutefois un incident faillit compromettre le résultat que Murat ’
et Savary venaient d’obtenir. ;
L’empereur avait prescrit d’arracher le prince de la Paix à la fureur ;des ennemis qui voulaient sa mort, pour ne pas laisser commettre uncrime sous les yeux et en quelque sorte sous la responsabilité de l’ar-mée française, et ensuite pour avoir dans ses mains un instrument à