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BAYONNE .

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l aide duquel ii comptait Lieu faire mouvoir à son gré les vieux souve-rains. D’autre part, la vieille reine, fort secondée par l’imbécile bontéde Charles IV , demandait comme une grâce, qui pour elle passaitavant le trône, et presque avant la vie, de sauver celui qu’elle appelaittoujours Emmanuel, leur meilleur, leur seul ami, victime, disait-elle,de sa Irop grande amitié pour les Français . Ainsi, sauver le favori étaitnon-seulement un acte d'humanité, mais le moyen le plus sur de rem-plir de gratitude et de joie la vieille cour, et d’en faire tout ce qu’onvoudrait. Murat demanda donc, avec toute l’arrogance de la force,qu’on lui remît le prince de la Paix, lequel, détenu d’abord au villagede Pinto, avait été transporté ensuhe à Villa-Viciosa , espèce de châ-teau royal où il était plus en sûreté. On l’avait mis là sous une escortede gardes du corps, résolus à l’égorger plutôt que de le rendre. Aprèsl’avoir chargé de fers, on lui faisait son procès avec un barbare achar-nement , inspiré à la fois par la haine , par le désir de déshonorer lavieille cour, et de se mettre en garde, par la mort de cet ancien favori,contre un retour de fortune. Ferdinand VII et ses conseillers se prê-taient à ces indignités autant pour leur propre compte que pour celuide la vile multitude qu’ils voulaient flatter.

Murat leur déclara que si ou ne lui livrait pas le prince il ferait sabrerpar ses dragons les gardes du corps qui le détenaient, et résoudraitainsi la difficulté de vive force. Il faut dire, pour l’honneur de ce vail-lant homme, qu’en cette occasion une généreuse indignation parlaitchez lui autant que le calcul. Plus il insista, et plus les confidents deFerdinand , peu capables de comprendre un noble sentiment, virentdans son insistance un projet de se servir du prince de la Paix contreFerdinand VII , cl on assure que l’idée d’assassiner le piisonnier tra-versa un instant certaines têtes exaltées, on ne sait lesquelles, entreles plus influentes de la nouvelle cour.

Le général Savary, plus avisé que Murat, crut s’apercevoir que lachaleur qu’on mettait à réclamer le prince de la Paix excitait unedéfiance qui nuisait à l’objet principal, c’est-à-dire au départ de Fer-dinand VII , et il prit sur lui de renoncer momentanément à l’extra-dition du prince, en disant que ce serait une affaire à régler ultérieu-rement, comme toutes les autres, dans la conférence qui allait avoirlieu entre le nouveau roi d’Espagne et l’empereur des Français .

Cette concession accordée, le départ de Ferdinand fut résolu. Ceprince voulut d’abord aller à Aranjuez visiter son père, qu’il avait laissé