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BAYONNE .

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tance, et ne pas oublier la manière dont il pratiquait la guerre de rueen Égypte, en Italie et ailleurs ; qu’il ne fallait pas s’engager dans l’in-térieur de la ville, mais occuper la tète des rues principales par defortes batteries, y faire sentir la puissance du canon, et, partout oùla foule oserait se montrer à découvert, la faire expirer sous le sabredes cuirassiers. Ainsi, de la ruse Napoléon était conduit à la violence,par cette usurpation de la couronne espagnole !

Sur un seul point, Murat avait devancé les instructions dcNapoléon :c’était relativement au départ des vieux souverains , et à la délivrancedu prince de la Paix. Il avait mandé à Charles IV et à la reine, en ré-ponse à l’expression de leurs désirs , que l’Empereur les verrait avecplaisir auprès de lui, que par conséquent ils n’avaient qu’à préparerleur départ, et qu’il allait exiger la remise du prince de la Paix, pourl’acheminer avec eux vers Bayonne : double nouvelle qui leur fit éprou-ver la seule joie qu'ils eussent ressentie depuis les fatales journéesd’Aranjuez .

Ayant appris que Ferdinand VII avait enfin passé la frontière, Mu-ral n’avait plus de ménagements à garder ; et d’ailleurs les Espagnols ,irrités d’une telle faiblesse, humiliés d’avoir de tels princes, semblaientpour un moment prêts à se détacher d’une famille si peu digne du dé-vouement de la nation. On devait donc pour quelques jours les trouverplus faciles. Mais quand on leur parla de délivrer le prince de la Paix,il y eut chez eux une sorte de soulèvement. La multitude avide devengeance voyait avec désespoir sa victime lui échapper. Les hautesclasses, et parmi elles les hommes qui s’étaient compromis dans la ré-volution d’Aranjuez , craignaient qu’au milieu de tous ces revirementspolitiques , le prince de la Paix ne ressaisît un jour le pouvoir et neles punit de leur conduite. On se refusait donc, pour ces divers mo-tifs, à lui rendre la liberté. La junte de gouvernement , composée desmi-nistres et de l’infant don Antonio, éprouvait plus que personne ces tristessentiments. Elle avait dès l’origine opposé aux instancesdeMural une forterésistance, et prétendu qu’étant sansautorité pour décider une semblablequestion , elle devait en référer à Ferdinand VII . Elle s’était en effetadressée à lui pour lui demander ses ordres. Ferdinand, très embar-rassé de répondre à ce message, avait déclaré que cette question seraittraitée et résolue à Bayonne , avec toutes celles qui allaient occuper lesdeux souverains de France et d’Espagne . La réponse de Ferdinandayant été immédiatement transmise à Murat, celui-ci considéra la