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bayonne.

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faisait à Madrid . Cette réprimande, adressée à M. de la Forêt afinqu'il en arrivât quelque chose à Murat, était pour ce dernier un tristeprix de la complaisance qu'il avait mise à seconder une odieuse machi-nation : triste prix, disons-nous, mais très-mérité, car c’est ainsi quedoivent être traités tous ceux qui prêtent leur concours à de coupablesdesseins.

Après avoir fait parvenir sou mécontentement à Murat par cettevoie indirecte, Napoléon pensa qu’en attendant la proclamation défi-nitive de la dynastie nouvelle, il fallait employer les quelques semainesqui allaient s’écouler à préparer la réorganisation administrative del’Espagne . Il voulut s’excuser, aux yeux des hommes politiques detous les pays, de l’acte qu’il venait de commettre, par un emploimerveilleux des ressources de l’Espagne , et aucun homme, il faut lereconnaître, n’était plus capable que lui de racheter, par la manièrede régner, un forfait commis pour régner. Les projets qu’il forma, etque l’Espagne déjoua par une résistance fanatique et généreuse,furent des plus vastes, des mieux combinés qu’il eût jamais conçus desa vie.

Il commença d’abord par se faire envoyer à Bayonne tous les docu-ments dont disposait l’administration espagnole relativement aux finan-ces, à l’armée, à la marine. On en trouvait bien peu; car, ainsi quenous l’avons dit ailleurs, les finances étaient un secret du ministre desfinances, créature du prince de la Paix. La distribution de l’armée etde la marine, leur situation, leurs ressources, leurs besoins, restaientdes faits locaux, que l’on connaissait à peine dans l’administrationcentrale à Madrid . Quand Murat demanda pour l’Empereur un état dela marine, on lui présenta un annuaire imprimé. Mais Napoléon n’é-tait pas homme à se contenter de pareils documents. Il fit adresser àMM. O’Farrill, minitre de la guerre, et d’Azanza, ministre desfinances,principaux personnages de la junte, des marques d’estime, et mêmedes prévenances flatteuses qui pouvaient leur faire espérer une grandefaveur sous le nouveau règne, et leur demanda immédiatement untravail approfondi sur toutes les parties du service. Il ordonna d’envoyersur-le-champ des ingénieurs dans tous les ports, des officiers auprèsdes principaux rassemblements de troupes, pour avoir des documentspositifs et récents sur chaque objet. Les Espagnols n’étaient pas habi-tués à une telle activité, à une précision si rigoureuse ; mais iis s’é-murent enfin sous l’impulsion de cette puissante volonté, dont Murat