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avec lesquels il allait entreprendre le gouvernement de l’Espagne , etpuis prêta serinent à la nouvelle constitution, la main posée sur lesEvangiles . La junte, à son tour, prêta serment au roi et à la constitu-tion. De bruyantes acclamations accompagnèrent tous ces actes. On serendit ensuite à Marac pour complimenter l’auteur trop obéi de toutesles choses du temps.
Il était urgent que Joseph allât prendre possession de son royaume.Déjà on disait que les Espagnols , animés par la vue du sang répandule 2 mai à Madrid , indignés de la ruse avec laquelle la lamille desBourbons avait été attirée et spoliée à Bayonne, s’insurgeaient en An-dalousie, en Aragon, dans les Asturies , et que la route que suivrait lenouveau roi serait à peine sûre. Il fallait partir pour aller relever Mu-rat malade, atteint d’un délire continu, demandant à quitter un paysqui lui était devenu odieux, et où il ne pouvait rester sans péril poursa vie.
Napoléon, dont les yeux commençaient à s’ouvrir, et qui ne voulaitpas envoyer son frère chezune nation étrangère sans le faire respecter,avait préparé de nouvelles forces pour lui servir d’escorte. Déjà les ré-serves d’infanterie qu’il avait organisées à Orléans , les réserves de cava-lerie qu’il avait réunies à Poitiers , étaient entrées sous les générauxVerdier et Lasalle, et formaient un corps d’armée qui occupait le cen-tre de la Castille. Avec quelques vieux régiments tirés de la grandearmée, il avait recomposé les camps des côtes, et de ces camps refor-més il put tirer quatre beaux régiments, le 13° de ligne, et les 2 e ,4% 12 e d’infanterie légère. Il y joignit des lanciers polonais, plus unsuperbe régiment de cavalerie levé par Murat dans le pays de Berg,et de ces divers corps il composa une division de vieilles troupes, ausein de laquelle Joseph dut s’avancer sur Madrid à petits pas, afin dedonner aux soldats le temps de marcher, et aux Espagnols le temps devoir leur nouveau roi. La junte et tous les grands d’Espagne devaientl’accompagner en marchant du même pas.
Joseph partit le 9 juillet, escorté de vieux soldats, et précédé etsuivi de plus de cent voitures que remplissaient les membres de lajunte.Napoléon le conduisit jusqu’à la frontière de France , l’embrassa, et luisouhaita bon courage, sans lui dire tout ce qu’il entrevoyait déjà danssa profonde intelligence. Le faible cœur de Joseph n’eût pas tenu àde pareilles révélations, bien que le génie de Napoléon, à demi éclairésur l’avenir, ne vît pas encore la moitié des maux qui allaient découlerde la grande faute commise à Bayonne .