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LIVRE XXX. -BAYONNE .

Tels furent les moyens par lesquels Napoléon, obéissant à une idéesystématique bien plus encore qu’aux affections de famille, car il avaitde quoi pourvoir tous ses proches sans usurper la couronne d’Es-pagne, parvint à détrôner les derniers Bourbons régnant en Europe .Comme il ne pouvait, à cause de leur faiblesse, y employer la force,car il eût été ridicule de déclarer la guerre à Charles IV , il voulut yemployer la ruse, et les faire fuire en leur faisant peur. L’indignationde l’Espagne ayant arrêté dans leur fuite ces malheureux Bourbons, ilprofita de leurs divisions de famille pour lesattirer à Bayonne , par l’es-pérance d’une justice qu’il leur rendit comme le juge de la fable quidonnait l’écaille de l’huître aux plaideurs. 11 fut entraîné ainsi de laruse à la fourberie, et ajouta à son nom la seconde des deux taches quiternissent sa gloire. Il lui restait pour l’absoudre le bien à faire à l’Es-pagne, et par l’Espagne à la France . La Providence ne lui réservaitpas même ce moyen de se laver d’une perfidie indigne de son carac-tère.

Mais ne devançons pas la justice des temps. Les récits qui vontsuivre montreront bientôt cette justice redoutable, sortant des événe-ments eux-mêmes, et punissant le génie, qui n’est pas plus dispenséque la médiocrité elle-même de loyauté et de bon sens.

FIN DU TOME HUITIÈME.