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NOTES.

était accrédité. Ne diies rien à Beanharnais... Je n’ai rien dit à Beauharnais...sont les paroles qui se trouvent sans cesse dans la correspondance de Napoléon etde ses agents en Espagne. Enfin, au moment de la catastrophe, Napoléon envoyaM. de la Forêt pour seconder Murat, n’estimant pas qu’on pût se servir de SI. daBeauharnais. et il disgracia ce dernier sans vouloir même l’ente ndre, ce qui étaitde toute injustice. La correspondance des a flaires étrangères, quand on a eu l’avan-tage de la consulter. n’est donc elle-même qu'un insignifiant document sur lesaffaires d’Espagne . Slais alors, dira-t-on, où sont ces documents? Dans la corres-pondance de Napoléon avec les agents qu'il employa en cette circonstance. Cesagents furent, à Paris, MM. de Tallcyrand et Duroc : à Madrid . Murat d’abord,puis le général Savary, le maréchal Bessières. le général comte de Lobau, M. deTournon, M. le général Grouchy . M. de Monlhyon. dont les rapports imprimésplus tard furent publiés autrement qu'ils n’avaient été écrits ; enlin l'amiralDecrès . fort employé dans celte affaire à cause des colonies espagnoles. Ce furentlà les vrais agents de l'Empereur, les seuls informés, et toujours partiellement, carchacun d'eux ne savait que ce qui le concernait, et conjecturait le reste en propor-tion de son esprit. Il y a une correspondance de tous ces personnages avec Napo-léon, et de Napoléon avec eux, correspondance considérable et Ires-curieuse, quiest au Louvre, que s: u! j'ai lue, qui semblerait devoir tout éclaircir, et qui cepen-dant ne ma complètement édifié moi-même qu'après des efforts opiniâtres, tels,que ceux qu’on fait sur certains passages des historiens de l'antiquité pour arriverà découi rir telle ou telle vérité historique. En général, quand j'ai lu la correspon-dance de Napoléon avec ses agents, elle est si claire, si nette, si positive, que jen’ai plus un doute sur les événements. Eh bien, après avoir lu celle qui est relativeà l’Espagne , je suis demeuré longtemps dans les perplexités les plus embarras-santes. Je vais dire pourquoi. D’abord Napoléon flotta longtemps entre divers pro-jets ; et quand il fut fixé, il ne dit à personne ce qu’il voulait. Peut-être le dit-il augénéral Savary, mais au dernier moment, et sur un seul point, le voyage forcé deFerdinand à Bayonne . Le 20 février, il avait vu Murat dans la journée sans luirien dire, et il lui fit donner l’ordre par le ministre de la guerre de partir, lettrereçue, pour Bayonne. Il lui traça la marche de l’armée sur Madrid , n’ajouta pas unseul mot relatif à la politique, et lui défendit même de l’interroger. Le comte Lo-bau. M. de Tournon . envoyés comme observateurs, n’eurent pas une seule confi-dence. Et enfin, quand la révolution d’Aranjuez fut accomplie, l’Espagne se trou-vant sans roi, car Charles IV avait abdiqué, et Ferdinand Vil n’était pas reconnu,Napoléon envoya legénéral Savary avec une partie du secret, celle qui consistaità amener à Bayonne le père et le fils, de gré ou de force. Encore, le même jour,M. de Tournon partait-il de Paris avec une instruction toute contraire, publiéedepuis à Sainte Hélène, nullement apocryphe, bien réelle, et qui contredisaittoutce que Murat et le général Savary avaientordre de faire, tout ce qu'ils ont fait effec-tivement. Se figure-t-on quelle difliculté ce doit être de découvrir, à travers toutesces contradictions, à travers toutes ces dissimulations calculées, la vérité histo-rique, et combien cette découverte, déjà si diflicile quand on a eu les vrais docu-ments, devient impossible quand on ne les a pas eus tous?

Je vais dire maintenant comment je suis arrivé à la vérité. Eu comparant entreeux tous les ordres donnés, non pas seulement aux agents de confiance, mais auxagents qui n’étaient que des instruments, en comparant les ordres politiques avecles ordres militaires, et non-seulement avec les ordres militaires , mais avec lesordres financiers même, en comparant ceux qui ont été donnés avee ceux qui ontété exécutés, et avec quelques demi-confidences faites au moment décisif, où il fal-lait enfin dire ce qu’on voulait pour être obéi, je suis parvenu avec beaucoup depatience à démêler la vérité, mais après des années de réflexions; et je dis desannées, car il y a un point sur lequel je n’ai été fixé qu’après trois ans de re-cherches.

A présent que j’ai fait connaître la difliculté. je vais dire à quelles conclusionsje suis parvenu, et comment j’y suis parvenu.

Que Napoléon ait de bonne heure conçu l'idée systématique de renverser lesBourbons dans toute l’Europe, cela est incontestable. Mais cette idée elle mêmen’a commencé à naître dans son esprit qu'en 180fi, après la trahison de la cour deNaples , et après le détrônement de cette cour prononcé au lendemain d'Austerlitz.Depuis, l’incapacité, l’avilissement sans cesse croissant de la cour d’Espagne , scs