NOTES.
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trahisons secrètes qu'on entrevoyait sans les connaître tout à fait, enfin la fameuseproclamation par laquelle le prince de la Paix appelait, la veille de la batailled’Iéna, toute la nation espagnole aux armes, confirmèrent Napoléon dans l’idéequ'il fallait faire subir aux Bourbons d’Espagne le même traitement qu’aux Bour-bons de Naples. Mais à quel moment cette idée, d’abord générale et vague, devint-elle un projet arrêté? Voilà la première question. Par quels moyens cette idée,devenue un projet arrêté, dut-elle s’exécuter, car la cour d’Espagne n’était pasassez hardie pour fournir, par une levée de boucliers, le grief très-légitime qu’avaitfourni la cour do Naples : par quels moyens, dis je. l’idée une fois arrêtée dut-elles’exécuter? Là est la seconde question et la plus difficile.
On a dit que, le lendemain de la proclamation du prince de la Paix. Napoléon conçut à Berlin même le projet de délrônement. La correspondance de Napoléon ,qui révèle à chaque instant ses moindres impressions, fait foi du contraire. Aprèsléria. il ne songea qu’à une immense guerre au Nord. L’idée générale de se débar-rasser plus tard des Bourbons put se confirmer dans son esprit, mais le projetd’exécution ne prit pas même naissance. On a dit qu’à Tilsit Napoléon fut décidé àsigner la paix par.W. de Talleyrand , qui faisait valoir à ses yeux la nécessité d’enfinir au nord pour reporter son attention au midi, c’est-à-dire en Espagne ; qu’ilfut même question avec l'empereur Alexandre du délrônement des Bourbons d’Es-pagne. et que ce délrônement fut consenti par Alexandre moyennant des sacrificesen Orient. Tout cela est faux. Napoléon fut décidé à traiter à Tilsit par le senti-ment de la difficulté : car 1807 ne fut autre chose qu'un 1812 heureux, heureuxgrâce à la qualité de l’armée à cette époque: maisde l’Espagne , il n'en fut pas mêmequestion. La correspondance secrète de M. de Caulaincourt est là pour l’attester,tout en effet fut nouveau pour Alexandre quand il apprit les événements de Ma-drid. On a donc calomnié la mémoire de ce prince en avançant cela. Napoléon vou-lut signer la paix continentale à Tilsit. parce qu’il trouvait le Niémen bienloinduRhin : et il ne songea là qu’à une chose, à contraindre l’Angleterre à la paix mari-time par l’union de tout le continent contre elle.
Revenu à Paris, en juillet 1807, Napoléon ne s'occupa d’abord que d’administrerson empire, ce qu'il n’avait pas fait depuis un an. et ensuite de tirer les consé-quences de la politique de Tilsit. En effet, tandis que le cabinet de Saint-Péters-bourg , chargé de la médiation, adressait à l’Angleterre cette question : Voulez-vous la paix ou la guerre, la paix avec tous, ou la guerre avec tous? Napoléoudisposait loute chose pour forcer les États restés neutres à se déclarer contre l’An-gleterre, dans le cas où elle se déciderait à continuer les hostilités. Ces États restésneutres étaient le Danemark, l’Autriche et le Portugal. Napoléon prépara unearmée pour contraindre le Portugal . Mais sa correspondance, la nature de sesordres prouvent qu’il ne songeait, à l’égard du Portugal , qu’à faire cesser la neu-tralité de celui-ei. Lorsqu’en août et septembre 1807 l’Angleterre, pour touteréponse à la question pressante de la Russie, répondit en brûlant Copenhague , lecri de guerre fut général contre elle, et alors seulement Napoléon songea à tirerparti de deux choses, la prolongation forcée de l’état de guerre, et l’indignationuniverselle excitée contre la Grande-Bretagne, indignation qui lui permettrait detenter de son côté ce qu’il n’aurait jamais osé se permettre en d’autres temps.
Il somma d'abord le Portugal , qui laissa bientôt voir sa complicité secrète avecl’Angleterre, et il résolut de s’en emparer. Ne pruvant pas le posséder directement,il eut l’idée de le partager avec l’Espagne , moyennant la cession de la Toscane.C’est le moment (octobre 1807) où ta question de la Péninsule tout entière fut visi-blement soulevée dans son esprit par la question du Portugal . Des mots échappésdans ses lettres, de premiers ordres montrent une pensée naissante, et naissantepar suite des événements de Copenhague . C’est à ce même moment que les indignesscènes de l’Escurial aboutirent au projet insensé d’intenter un procès criminel auprince des Asturies, pour le faire déclarer déchu de ses droits à la couronne, etles transmettre on ne sait à qui, au prince de la Paix probablement, sous le titrede régent. Alors il ressort des ordres de Napoléon que les indignités de la courd’Espagne furent une provocation pour son ambition; car. en calculant la marchedes courriers d’après ies vitess s de cette époque, on voit que c’est à la nouvellemême du procès de l’Escurial que commencèrent les mouvements de troupes, puis-qu’un instant il allajusqu’à prescrire de les faire partir en pos e, ordre suspendudepuis lorsqu’il reçut à Paris la nouvelle du pardon royal accordé au prince desAsturies. JO.