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NOTES.

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3" Enfin N;ipoléon . qui ne se décidait qu'à la dernière extrémité à faire à laRussie le sacrifice de discuter le partage de l’empire turc, ce qui était un pas versle partage lui-même, n'aurait pas, vers le milieu de février, moment de ses ordresdéfinitifs, envoyé à la Russie un leurre dangereux , en lui proposant d’exposer sesidées sur un sujet aussi grave. Il n’y avait qu'un but aussi capital que le détrône-ment des Bourbons qui pût le décider à acheter par un tel sacrifice le concours oule silence de la Russie .

Ainsi, en février et mars 1808, tout prouve que les premier et second projets ,de marier Ferdinand avec une princesse française , en exigeant ou n’exigeant pasdes sacrifices territoriaux et commerciaux, n’étaient plus sérieux, s'ils l’avaientjamais été; car les expressions de Bl. de Talleyrand n’eussent pas été aussi dubita-tives, Napoléon n’iût pas envahi l'Espagne avec tant de forces et de mystère . etfait de si grandes concessions à la Russie pour un projet qui était secondaire et depeu d’importance, si on le compare aux gigantesques proj-ts du temps.

Dès le mois de février et de mars il voulut donc détrôner les Bourbons. bienqu'en aient dit ceux qui prétendent qu’il n’y fut amené qu'à Bayonne même, aprèsavoir vu le père et le fils, après avoir été témoin de leur incapacité et de leur déca -dencc morale.

Blais, une fois fixé sur le but qu'il se proposait, est-il aussi facile de se fixer surle moyen qu’il voulait employer ? C’est sur ce point que j’ai longtemps hésité, et jene me suis fixé qu après plusieurs années de recherches et de réflexions.

Napoléon ne dit à personne avant la révolution d’Aranjuez . c'est-à-dire avant ledétrônement du père par le fils, ce. qu’il voulait. Pas un de ses ministres ne l'a su.Blural, comme on l a vu, l'ignorait absolument.

I. idée m’est venue, mais sans preuves, qu'il avait voulu les faire partir en leseffrayant. à l’exemple de la maison de liragance. Celte idée m’est venue lapremière, et elle est restée la derniere dans mon esprit, après beaucoup de vicis-situdes.

En lisantjusqu'à cinq et six fois la correspondance de Napoléon , surtout avecMurat, j’ai vu tour à tour cette conviction se former en moi . et puis se détruire.D'abord j’ai été frappé d’une remarque. Napoléon ne cesse de dire à Murat: « Ob-servez le plus grand ordre, ménagez la population . évitez toute collision » (ce quisignifie qu'il voulait faire vider le trône sans coup férir , pour ne pas avoir uneguerre avec la nation) ; mais il ajoute : « Soyez rassurant pour la cour d’Espagne Jdonnez-lui de bonnes paroles. »

Le ii mars il écrit à Blurat ■ a J’ai ordonné que le 17 on demande le passage par» Bladrid de 30,000 hommes destinés à sc rendre à Cadix . Vous vous conduirez« selon la réponse qui sera faite. Mais tâchez d’être le plus rassurant possible.

Le 16 mars il écrit :o Continuez à tenir de bons propos. Rassurez le roi. le princea de la Paixj le prince des -t uslurùs, la reine, n

Le 19 il écrit : « Je suppose que vous recevrez cette lettre à Bladrid , où j'aia fort à cœur d’apprendre que vos troupes sont entrées paisiblement et de l’areu dun roi; que tout se passe paisiblement. J'attends d'un moment à l'autre l'arrivée de» Tournon et d'Yzquierdo. pour savoir le parti à prendre pour arranger les affaires.n Annoncez mon arrivée à Bladrid. Tenez une sévère discipline parmi les troupes.» Ayez soin que leur solde soit payée, afin qu'elles puissent répandre de l'argent.n

Le 23 il écrit : « Je reçois votre lettre du lü mars. J’apprends avec peine que len temps est mauvais : il fait ici le plus beau temps du monde. Je suppose quen vous êtes arrivé à Bladrid depuis avant-hier. Je vous ai déjà fait connaître quen votre première affaire était de reposcretapprovisionnervos troupes, de vivre dans>i lameilleureintelligence avec le roi et la coin , si elle restait àAranjuez. de déclarern que l'expédition de Suède et les affaires du Nord me retiennent encore quelques» jours, mais que je ne vais pas tarder à venir. Faites, dans le fait, arranger ma» maison. Dites publiquement que vos ordres sont de rafraîchira Madrid et d’at-» tendre l’Empereur, et que vous êtes certain de ne pas sortir de Bladrid que San Blajcsté ne. soit arrivée.

n Ne prenez aucune part aux différentes factions qui partagent le pays. Traitezn bien tout le monde, et ne préjugez rien du parti que je dois prendre. Ayez soin» de tenir toujours bien approvisionnés les magasins de Buitrago et d'Aranda. »

Au premier aspect ces ordres n’indiquent pas le projet d'effrayer la cour d’Es-pagne, et après les avoir lus j'ai écarté l'idée que Napoléon eût voulu lafaire partir