LE RETOUR.
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ait un siège lixe et qui soit réunie dans une ville.Harrar , c’est le nom de la ville, est située dans l’in-térieur du désert des Saumalis, à peu près à moitiéchemin entre l’Océan et le royaume de Choa. Au-cun Européen n’a encore visité Harrar . Les rensei-gnements que j’ai recueillis sur la ville et ses curieuxhabitants m’ont été donnés par le représentant quel’émir d’Harrar a envoyé au roi de Choa pour protégerles intérêts de ceux de ses sujets qui font le négoceavec l’Abyssinie. Cet envoyé vint me rendre visitelui-même à Angobar et me demanda mon amitié.Je lui dis que j’avais eu l’intention d’aller à Harrar ,mais que j’en avais été détourné par la crainte d’êtremal accueilli par l’émir et de m’exposer à la haineque la population de la ville nourrit contre les chré-tiens. « Tu as bien fait, me dit-il. L’émir est unhomme bon et éclairé; mais il n’aurait pu te dé-fendre contre nos compatriotes, qui ont en horreurles chrétiens et n’en laisseraient pas sortir un seulvivant de leurs murs. » Je lui adressai alors des ques-tions sur son pays. J’appris de lui qu’Harrar est bâtiedans le creux d’un vallon arrosé par plusieurs petitesrivières ; ce vallon paraît être un des points les plusfertiles de la zone torride ; il est couvert de caféiersqui donnent un grain supérieur à celui de Moka,et qui alimentent le principal commerce des Har-