LE RETOUR.
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nous n’eussions fait tout au plus qu’importuner legros hippopotame sur lequel nous étions plus particu-lièrement acharnés. La bête, ennuyée des piqûres deslances, était allée chercher au fond de l’eau une tran-quille retraite et paraissait ne plus vouloir se montrerà la surface; son flegme nous impatienta. Il y avait surla rive un tronc d’arbre énorme, que la rivière avaitcharrié sans doute dans son dernier débordement :mes compagnons eurent l’idée de le jeter en traversde la rivière pour s’en faire une sorte de pont flottantd’où ils croyaient pouvoir harceler à volonté et jusqu’aufond de l’eau l’hippopotame paisible. On parvint àrouler le tronc sur la rivière ; on fit, avec des écorcesde saule, des cordes que l’on attacha aux extrémités,de manière à pouvoir le retenir sur les deux rives.Quinze hommes se placèrent sur ce radeau improviséet se firent amener et arrêter par ceux qui tenaient lesamarres au-dessus de l’endroit où, à travers l’eaulimpide, on voyait l’hippopotame accroupi sur lesable du fond. Nos hommes se mirent à le harponneravec leurs lances : l’animal secoua d’abord sa masseénorme et la déplaça avec agilité ; les chasseurs, surleur tronc, le suivirent et continuèrent, avec des crisbelliqueux, à piquer du fer de leurs lances son épaissecarapace. L’hippopotame perdit patience : montanttout à coup par un mouvement rapide, il heurta le