LH RETOUR.
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gouvernement qu’il avait voulu me donner. Je luirépétai le motif qui m’empêchait de demeurer dansle Choa : j’avais obtenu de lui un traité de com-merce que je voulais rapporter en France , pour ga-rantir les avantages, fort éloignés peut-être, qu’ilstipulait en faveur de notre pays. Sahlé-Sallassi mefit promettre de revenir; il me dit, avec cettebienveillance paternelle qui est un des traits les plusremarquables de son caractère, qne, puisque j’avaisrésolu de partir, du moins il faisait des vœux pourmon heureux voyage : il espérait, ajouta-t-il, queje traverserais en sûreté le pays des Adels; qu’ilavait fait prévenir les principaux chefs danakils;qu’ils seraient responsables envers lui des désagré-ments qui pourraient m’y être suscités. Sahlé-Sallassime remit les lances, les sabres, les boucliers, la peaude panthère, les manuscrits éthiopiens qu’il offraiten cadeau, par mon entremise, au roi des Français .
J’allai voir la reine Betsabèche, qui m’avait té-moigné beaucoup d’amitié pendant mon séjour; elleme reçut, comme à son ordinaire, dans la chaumièrequi lui sert de salon, entourée de trois de ses filles,de ses jeunes fils et des femmes qui la servent sousla direction du chef des eunuques ; elle me souhaita,elle aussi, un heureux voyage ; elle me répéta queSahlé-Sallassi avait donné des ordres dans le pays