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Tome I.
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SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE.

particulière est tellement liée avec la confédérationpublique, que, sans les égards que l'on doit à la foi-blesse humaine, cette convention scroit dissoute parle droit, s'il perissoit dans l’état un seul citoyenqu'on eût pu secourir, si l’on en retenoit à tort un seulen prison, et s’il se perdoit un seul procès avec uneinjustice évidente ) car, les conventions fondamen-tales étant enfreintes, on ne voit plus quel droit niquel intérêt pourroit maintenir le peuple dans l'u-nion sociale , à moins qu'il n’y fût retenu par la seuleforce qui fait la dissolution de l’état civil.

En effet, l’engagement du corps de la nation n’est-ilpas de pourvoir à la conservation du dernier de sesmembres avec autant de soin qu’à celle de tous lesautres? etle salut d’un citoyen est-il-moins la causecommune que celui de tout l'état? Qu’on nous disequ’il est bon qu’un seul périsse pour tous ; j’admi-rerai cette sentence dans la bouche d’un digne etvertueux patriote qui se consacre volontairement etpar devoir à la mortpourle salut de son pays : maissi l’on entend qu'il soit permis au gouvernement desacrifier un innocent au salut de la multitude, jetiens cette maxime pour une des plus exécrablesque jamais la tyrannie ait inventées , la plus faussequ'on puisse avancer, la plus dangereuse qu’on puisseadmettre , et la plus directement opposée aux loisfondamentales de la société. Loin qu’un seul doivepérir pour tous ,tous ontengagé leurs biens et leursvies à la défense de chacun d’eux, afin que la foi-blesse particulière fût toujours protégée par la forcepublique, et chaque membre par tout l’état. Après