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Tome I.
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DISCOURS

avoir par supposition retranché du peuple un indi-vidu après l’autre, pressez les partisans de cettemaxime a mieux expliquer ce qu’ils entendent parle corps de Vètat, et vous verrez qu’ils le réduiront,à la lin, a un petit nombre d’hommes qui ne sontpas le peuple , mais les officiers du peuple, et qui,s’étant obligés par un serment particulier à périreux-mêmes pour son salut, prétendent prouver parlà que c’est à lui de périr pour le leur.

Veut-on trouver des exemples de la protectionque l’état doit à ses membres et du respect qu’ildoit à leurs personnes , ce n’est que chez les plus il-lustres et les plus courageuses nations de la terrequ'il faut les chercher, et il n’y a guère que les peu-ples libres où i’on sache ce que vaut un homme.A Sparte on sait en quelle perplexité se trouvoittoute la république lorsqu'il étoit question de punirun citoyen coupable. En Macédoine , la vie d’unhomme étoit une affaire si importante, que, danstoute la grandeur d’Alexandre , ce puissant monar-que n’eût osé de sang froid faire mourir un Macé-donien criminel que l’accusé n’eût comparu pour sedéfendre devant ses concitoyens, et n’eut été con-damné par eux. Mais les Romains se distinguèrentau-dessus de tous les peuples de la terre par les égardsdu gouvernement pour les particuliers , et par sonattention scrupuleuse à respecter les droits inviola-bles de tous les membres de l’état. Il n’y avoit riende si sacré que la vie des simples citoyens; il ne fal-loit pas moins que l’assemblée de tout le peuple pouren condamner un: le sénat même ni les consuls,