SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 37
dans toute leur majesté, n’en avoient pas le droit ;et, chez le plus puissant peuple du monde, le crimeet la peine d’un citoyen étoient une désolation publi-que : aussi parut-il si dur d’en verser le sang pourquelque crime que ce pût être, que, par la loi Por-cia, la peine de mort fut commuée en celle de l’exil,pour tous ceux qui voudroient survivre a la perted’une si douce patrie. Toutrcspiroit aRome et dansles armées cet amour des concitoyens les uns pourles autres, et ce respect pour le nom romain quiélevoit le courage et animoit 1 » vertu de quiconqueavoit l’honneur de le porter. Le chapeau d’un ci-toyen délivré d’esclavage , la couronne civique decelui qui avoit sauvé la vie a un autre, étoient cequ’on regardoit avec le plus de plaisir dans la pompedes triomphes ; et il est a remarquer que des cou-ronnes dont on honoroit à la guerre les belles ac-tions, il n’y a'voit que la civique et celle des triom-phateurs qui fussent d’herbe etde feuilles, toutes lesautres n’étoient que d’or. C’est ainsi que Rome futvertueuse et devint la maîtresse du monde. Chefsambitieux, un pâtre gouverne ses chiens et ses trou-peaux, et n'est que le dernier des hommes ! S’il estbeau de commander, c’est quand ceux qui nousobéissent peuvent nous honorer : respectez doncvos concitoyens, et vous vous rendrez respectablesrespectez la liberté, et votre puissance augmenteratous les jours 5 ne passez jamais vos droits, et bien-tôt ils seront sans bornes.
Que la patrie se montre donc la mère communedes citoyens ; que les avantages dont ils jouissent9. . 4