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DISCOURS
scmcnt des lois, l’instituteur d’une république, c'estde trouver un fonds suffisant pour l'entretien desmagistrats et autres officiers, et pour toutes les dé-penses publiques. Ce fonds s’appelle œrarium oufisc, s’il est en argent 5 domaine public, s’il est enterres; et ce dernier est de beaucoup préférable àl’autre, par des raisons faciles à voir. Quiconqueaura suffisamment réfléchi sur cette matière, nepourra guère être à cet égard d'un autre avis queBodin (*), qui regarde le domaine public comme leplus honnête et le plus sur de tous les moyens depourvoir aux besoins de l’état ; et il est à remarquerque le premier soin de Ilomulus, dans la divisiondes terres, fut d'en destiner le tiers à cet usage.J’avoue qu'il n’est pas impossible que le produit dudomaine mal administré se réduise à rien; mais iln'est pas de l’essence du domaine d'être mal ad-ministré.
Préalablement h tout emploi, ce fonds doit êtreassigné ou accepté par l’assemblée du peuple ou desétats du pays, qui doit ensuite en déterminer l’usageAprès cette solennité, qui rend ces fonds inaliénablés, ils changent pour ainsi dire de nature, et leurs
(*) J. Bodin , qui a vécu sous les règnes de Henri 111 el deHenri IV , est auteur d’un ouvrage intitulé : les six Livres dela République , dont la première édition est de 15^7, in-folio.Cet ouvrage, traduit dans plusieurs langues, a eu huit ou dixéditions en France . Quoique La Harpe ait bien voulu y voirle germe de l*Esprit des lois , il n’offre rien de très-remarquable,el est aujourd’hui lout-i-fait oublié.