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Tome I.
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G 2

DISCOURS

peine , c’est gagner que ne rien faire ; et mettre letravail à l’amende est un moyen fort singulier debannir la paresse.

De la taxe sur les terres ou sur le blé, surtoutquand elle est excessive, résultent deux inconvé-nients si terribles, qu’ils doivent dépeupler et ruinerà la longue tous les pays où elle est établie.

Le premier vient du défaut de circulation des es*pèces, car le commerce et l'industrie attirent dansles capitales tout l’argent de la campagne ; et l’impôtdétruisant la proportion qui pouvoit se trouver en-core entre les besoins du laboureur et le prix de sonblé, l'argent vient sans cesse et ne retourne jamais :plus la ville est riche, plus le pays est misérable.Le produit des tailles passe des mains du prince oudu financier dans celles des artistes et des mar-chands 5 et le cultivateur, qui n’en reçoit jamaisque la moindre partie, s’épuise enfin en payant tou-jours également et recevant toujours moins. Com.ment voudroit-on que pût vivre un homme qui 11'au-roit que des veines et point d’artères, ou dont lesartères ne porteroient le sang qu’à quatre doigts ducœur ? Chardin dit qu’en Perse les droits du roi surles denrées se paient aussi en denrées : cet usage,qu'Hérodote témoigne avoir autrefois été pratiquédans le même pays jusqu’à Darius , peut prévenir lemal dont je viens de parler. Mais, à moins qu’enPerse les intendants, directeurs, commis et garde-magasins ne soient une autre espèce de gens que par-tout ailleurs, j’ai peine à croire qu'il arrive jusqu’auroi la moindre chose de tous ces produits, que les