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DISCOURS
dent que plus onéreuse. Je n’insisterai point surunechose très-évidente , savoir, que si la plus grande oumoindre quantité d’argent dans un état peut lui don-ner plus ou moins de crédit au-dehors, elle ne changeen aucune manière la fortune réelle des citoyens,etne les met ni plus ni moins a leur aise. Mais je feraices deux remarques importantes : l’une , qu’à moinsque l’état n’ait des denrées superflues et que l’abon-dance de l'argent ne vienne de leur débit chez l’é-tranger , les villes où se fait le commerce se sententseules de cette abondance, et que le paysan ne faitqu’en devenir relativement plus pauvre ; l’autre,que le prix de toutes choses haussant avec la multi-plication de l’argent, il faut aussi que les impôtshaussent à proportion ; de sorte que le laboureur setrouve plus chargé sans avoir plus de ressources.
On doit voir que la taille sur les terres est un vé-ritable impôt sur leur produit. Cependant chacunconvient que rien n’est si dangereux qu’un impôtsur le blé, payé par l’acheteur: comment ne voit-onpas que le mal est centfois pire quand cet impôt estpayé par le cultivateur meme? N’est-ce pas attaquerla subsistance de l’état jusque dans sa source ? n’est-cepas travailler aussi directement qu’il est possible àdépeupler le pays, et par conséquent à le ruiner àla longue? car il n’y a point pour une nation de piredisette que celle des hommes.
11 n’appartient qu’au véritable homme d’état d’é-lcver ses vues dans l’assiette des impôts plus hautque l’objet des finances, de transformer des chargesonéreuses en d’utiles réglements de police, et de