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Tome I.
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DISCOURS

l'acheteur seul acquitte le droit, sans qu‘il en ré-sulte ni murmures ni séditions, parce que les den-rées nécessaires à la vfe , telles que le riz et le blé,étant absolument franches, le peuple nest*pointfoulé, et l'impôt ne tombe que sur les gens aisés. Aureste, toutes ces précautions ne doivent pas tant êtredictées parla crainte de la contrebande que par l’at-tention que doit avoir le gouvernement à garantirles particuliers de la séduction des profits illégiti-mes, qui, après en avoir fait de mauvais citoyens ,ne tarderoit pas d'en faire de malhonnêtes gens.

Qu'on établisse de fortes taxes sur la livrée, surles équipages, sur les glaces , lustres et ameuble-ments , sur les étoiles et la dorure , sur les cours etjardins des hôtels, sur les spectacles de toute es-pèce, sur les professions oiseuses, comme'baladins ,chanteurs, histrions , et en un mot sur cette fouled'objets de luxe, d'amusement et d’oisiveté, quifrappent tous les yeux, et qui peuvent d'autantmoins se cacher que leur seul usage est de se mon-trer, et qu'ils seroient inutiles s'ils n’étoient vus.Qu'on ne craigne pas que de tels produits fussent ar-bitraires , pour n'êtrc fondés que sur des choses quine sont pas d'une absolue nécessité: c’est bien malconnoitre les hommes que de croire qif après s’êtrcune fois laissé séduire par le luxe, ils y puissent ja-mais renoncer ; ils renonceroient cent fois plutôt aunécessaire, et aimeroient encore mieux mourir defaim que de honte. L’a _ se ne

sera qu’une nouvelle raison pour la soutenir, quandla vanité de se montrer opulent fera son profit du