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Tome I.
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86
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86 DU CONTRAT SOCIAL.

Soit (l'un homme à un homme, soit d’un homme àun peuple, ce discours sera toujours également insensé : « Je fais avec toi une convention toute à ta» charge et toute k mon profit, que j’observerai» tant qu’il me plaira, ejt que tu observeras tant» qu’il me plaira. »

CHAPITRE V.

Qu’il faut toujours remonter il une pemière convention.

Quand j’accorderois tout ce que j’ai réfuté jus-qu’ici , les fauteurs du despotisme n’en scroient pasplus avancés. Il y aura toujours une grande diffé-rence entre soumettre une multitude , et régir unesociété. Que des hommes épars soient successive-ment asservis a un seul, en quelque nombre qu’ilspuissent être, je ne vois la qu'un maître et des es-claves , je n’y vois point un peuple et sou chef :c’est , si l’on veut, une agrégation , mais non pasune association; il n’y a là ni bien public ni corpspolitique. Cet homme, eut-il asservi la moitié dumonde, n’est toujours qu'un particulier, son inté*rêt, séparé de celui des autres, n'est toujours qu’unintérêt prive. Si ce même homme vient à périr,son empire, après lui, reste épars et sans liaison,comme un chêne se dissout et tombe en un tas decendre après que le feu l’a consumé.

Un peuple , dit Grotius , peut se donner à un roi.Selon Grotius , un peuple est donc un peuple ayantde se donner à un roi. Ce don même est un acte