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Tome I.
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LIVRE II.

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la nature des choses et indépendamment des con-ventions humaines. Toute justice vient de Dieu , luiseul en est la source 5 mais si nous savions la rece-voir de si haut, nous n’aurions besoin ni de gou-vernement ni de lois. Sans doute il est une justiceuniverselle émanée de la raison seule,* mais cettejus-tice , pour être admise entre nous, doit être récipro-que. A considérer humainement les choses, lautede sanction naturelle, les lois de la justice sont vai-nes parmi les hommes ; elles ne font que le bien duméchant et le mal du juste quand celui-ci les observeavec tout le monde sans que personne les observeavec lui. Il faut donc des conventions et des lois pourunir les droits aux devoirs et ramener la justice ason objet. Dans l’état de nature, où tout est com-mun, je ne dois rien k ceux k qui je n’ai rien pro-mis ; je ne reconnois pour être a autrui que ce quim’est inutile. Il n’en est pas ainsi dans l’état civil,où tous les droits sont fixés par la loi.

Mais qu’est-ce donc enfin qu’une loi ? tant qu’onse contentera de n’attacher a ce mot que des idéesmétaphysiques, on continuera de raisonner sans s’en-tendre 5 et quand on aura dit ce que c’est qu’une loide la nature, on n’en saura pas mieux ce que c’estqu’une loi de l’état.

J’ai déjà dit qu'il n’y avoit point de volonté géné.raie sur un objet particulier. En effet, cet objet par-ticulier est dans l’état, ou hors de l’état. S’il esthors de l’état, une volonté qui lui est étrangère n’estpoint générale par rapport a lui ; et si cet objet estdans l’état, il en fait partie : alors il se forme en-