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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

qu'il ne soit ni trop grand pour pouvoir être biengouverné, ni trop petit pour pouvoir se maintenirpar lui-même. Il y a dans tout corps politique unmaximum de force qu’il ne sauroit passer, et duquelsouvent il s’éloigne à force de s’agrandir. Plus lelien social s’étend, plus il se relâche ; et en géné-ral un petit état est proportionnellement plus fortqu’un grand.

Mille raisons démontrent cette maxime. Premiè-rement , l’administration devient plus pénible dansles grandes distances, comme un poids devient pluslourd au bout d'un plus grand levier; Elle devientaussi plus onéreuse à mesure que les degrés se mul-tiplient; car chaque ville a d’abord la sienne, quele peuple paie ; chaque district la sienne, encorepayée par le peuple ; ensuite chaque province, puisles grands gouvernements, les satrapies, les vice-royautés, qu'il faut toujours payer plus cher a me-sure (ju’on monte , et toujours aux dépens du mal-heureux peuple; enfin vientTadministration suprêmequi écrase tout. Tant de surcharges épuisent con-tinuellement les sujets : loin d’être mieux gouvernéspar tous ces différents ordres, ils le sont moins bienque s’il n’y en avoit qu’un seul au-dessus d’eux.Cependant a peine reste-t-il des ressources pour lescas extraordinaires ; et quand il y faut recourir,l’état est toujours à la veille de sa ruine.

Ce n’est pas tout : non-seulement le gouvernementa moins de vigueur et de célérité pour faire observerles lois , empêcher les vexations , corriger les abus,prévenir les entreprises séditieuses qui peuvent se