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Tome I.
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LIVRE II.

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CHAPITRE XI.

Des divers systèmes de Législation*

Si l’on recherche en quoi consiste précisément leplus grand bien de tous, qui doit être la fin de toutsystème de législation, on trouvera qu’il se réduit aces deux objets principaux, la liberté et Y égalité :la liberté, parce que toute dépendance particulièreest autant de force ôtée au corps de l'état; l’égalité ,parce que la liberté ne peut subsister sans elle.

J’ai déjà dit ce que c’est que la liberté civile : àl’égard de l’égalité, il ne faut pas entendre par cemot que les degrés de puissance et de richesse soientabsolument les mêmes ; mais que , quant à la puis-sance, elle soit au-dessus de toute violence , et nes’exerce jamais qu’en vertu du rang et des lois ; et,quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assezopulent pour en pouvoir acheter un autre, et nulassez pauvre pour être contraint de se vendre {a) :ce qui suppose , du côté des grands, modération debiens et de crédit, et, du côté des petits, modéra-tion d’avarice et de convoitise.

(a) Voulez-vous donc donner à l’état de la consistance, rap-prochez les degrés extrêmes autant qu’il est possible ; nesoulfrez ni des gens opulents ni des gueux. Ces deux états,naturellement inséparables , sont également funestes au biencommun; de l’un sortent les fauteurs de la tyrannie, et del’autre les tyrans : c’est toujours entre eux que se fuit le traficde la liberté publique; l’un l’achète, et l’autre la vend.