LIVRE III.
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férents en nature, que d’états différents en grandeur.
Si, tournant ce système en ridicule, on disoitque, pour trouver cette moyenne proportionnelleet former le corps du gouvernement, il ne faut, se-lon moi, que tirer la racine carrée du nombre dupeuple, je répondrois que je ne prends ici ce nombreque pour un exemple ; que les rapports dont je parlene se mesurent pas seulement par le nombre deshommes, mais en général par la quantité d’action,laquelle se combine par des multitudes de causes ;qu’au reste, si, pour m’exprimer en moins de paro-les, j’emprunte un moment des termes de géomé-trie , je n’ignore pas cependant que la précision géo-métrique n’a point lieu dans les quantités morales.
Le gouvernement est en petit ce que le corps po-litique qui le renferme est en grand. C’est une per-sonne morale douée de certaines facultés , activecomme le souverain, passive comme l’état, et qu’onpeut décomposer en d’autres rapports semblables ;d’où naît par conséquent une nouvelle proportion ,une autre encore dans celle-ci, selon l’ordre des tri-bunaux, jusqu’à ce qu'on arrive à un moyen termeindivisible, c’est-à-dire à un seul chef ou magistratsuprême, qu’on peut se représenter, au milieu decette progression , comme l’unité entre la série desfractions et celle des nombres.
Sans nous embarrasser dans cette multiplicationde termes, contentons-nous de considérer le gouver-nement comme un nouveau corps dans l’état, dis-tinct du peuple et du souverain, et intermédiaireentre l’un et l’autre.
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