LIVRE III.
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vint élective. Enfin la puissance transmise avec lesbiens du père aux enfants, rendant les familles pa-triciennes , rendit le gouvernement héréditaire, etTon vit des sénateurs de vingt ans.
Il y a donc trois sortes d’aristocratie : naturelle,élective, héréditaire. La première ne convient qu’àdes peuples simples ; la troisième est le pire de tousles gouvernements. La deuxième est le meilleur jc’est l’aristocratie proprement dite.
Outre l’avantage de la distinction des deux pou-voirs , elle a celui du choix de ses membres ; car,dans le gouvernement populaire, tous les citoyensnaissent magistrats } mais celui-ci les borne à unpetit nombre , et ils ne le deviennent que par élec-tion (a) : moyen par lequel la probité, les lumières,l’expérience, et toutes les autres raisons de préfé-rence et d’estime publique, sont autant de nouveauxgarants qu’on sera sagement gouverné.
De plus, les assemblées se font plus commodé-ment} les affaires sc discutent mieux, s’expédientavec plus d’ordre et de diligence } le crédit de l'étatest mieux soutenu chez l’étranger par de vénérables
(a) 11 importe beaucoup de régler par des lois la forme del’élection des magistrats; car , en l’abandonnant à la volonlédu prince , on ne peut éviter de tomber dans l’aristocratiehéréditaire , comme il est arrivé aux républiques de Venise et de Berne . Aussi la première est-elle, depuis long-tempstm état dissous; mais la seconde se maintient par l’cxlrèmesagesse de son sénat ; c’est une exception bien honorable etbien dangereuse.
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