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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

personne naturelle, d'un homme réel, qui seul aitdroit d’en disposer selon les lois. C’est ce qu’onappelle un monarque ou un roi.

Tout au contraire des autres administrations oùun être collectif représente un individu , dans celle-ci un individu représente un être collectif; en sorteque l’unité morale qui constitue le prince est enmême temps une unité physique, dans laquelle tou-tes les facultés que la loi réunit dans l’autre avectant d’efforts se trouvent naturellement réunies.

Ainsi la volonté du peuple, et la volonté du prince,et la force publique de l'état, et la force particu-lière du gouvernement, tout répond au même mo-bile , tous les ressorts de la machine sont dans lamême main, tout marche au même but; il n’y apoint de mouvements opposés qui s'entre-détruisent,et l'on ne peut imaginer aucune sorte de constitutiondans laquelle un moindre effort produise une actionplus considérable. Archimède , assis tranquillementsur le rivage et tirant sans peine a flot un grandvaisseau , me représente un monarque habile , gou-vernant de son cabinet ses vastes états, et faisanttout mouvoir en paroissant immobile.

Mais s'il n’y a point de gouvernement qui ait plusde vigueur, il n’y en a point où la volonté particu-lière ait plus d’empire et domine plus aisément lesarbres : tout marche au même but, il est vrai ; maisce but n’est point celui de la félicité publique, et laforce même de l’administration tourne sans cesseau préjudice de l’état.

Les rois veulent être absolus, et do loin on leur