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Tome I.
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163
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LIVRE III.

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Pouf la former , il faut donc des ordres interme-diaires, il faut des princes, des grands , de la no-blesse pour les remplir. Or, rien de tous cela neconvient à un petit état, que ruinent tous ces degrés.

Mais s’il est difficile qu’un grand état soit biengouverné, il l’est beaucoup plus qu’il soit bien gou-verné par un seul homme 5 et chacun sait ce qu’ilarrive quand le roi se donne des substituts.

Un défaut essentiel et inévitable, qui mettratoujours le gouvernement monarchique au-dessousdu républicain, et que dans celui-ci la voix publi-que n’élève presque jamais aux premières placesque des hommes éclairés et cajiables, qui les rem-plissent avec honneur; au lieu que ceux qui par-viennent dans les monarchies ne sont le plus souventque de petits brouillons, de petits fripons , de pe-tits intrigants, a qui les petits talents , qui font dansles cours parvenir aux grandes places , ne serventqu’à montrer au public leur ineptie aussitôt qu’ils ysont parvenus. Le peuple se trompe bien moins surce choix que le prince; et un homme d’un vrai mé-rite est presque aussi rare dans le ministère qu’unsot à la tète d’un gouvernement républicain. Aussi,quand par quelque heureux hasard un de ces hom-mes nés pour gouverner prend le timon des affairesdans une monarchie presque abiuiée par ces tas dejolis régisseurs, on est tout surpris des ressourcesqu’il trouve, et cela fait époque dans un pays ( 1 ).

(i) C’est au duc de Choiseul que Rousseau fait allusion dansce passage, en parlant d'un de ces hommes nés pour gouverner.