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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

Pour qu’un état monarchique pût être bien gou-verné , il faudroit que sa grandeur ou son étenduefût mesurée aux facultés de celui qui gouverne. Ilest plus aisé de conquérir que de régir. Avec un le-vier suffisant, d’un doigt on peut ébranler le monde ;mais pour le soutenir il faut les épaules d’Hercule.Pour peu qu’un état soit grand, le prince est pres-que toujours trop petit. Quand, au contraire, il ar-rive que l‘éfcat est trop petit pour son chef, ce quiest très-rare, il est encore mal gouverné, parce quele chef, suivant toujours la grandeur de ses vues,oublie les intérêts des peuples , et ne les rend pasmoins malheureux par l’abus des talents qu'il a detrop, qu’un chef borné par le défaut de ceux qui luimanquent. II faudroit, pour ainsi dire, qu’un royaumes’étendit ou se resserrât a chaque règne, selon laportée du prince ; au lieu que les talents d’un sénatayant des mesures plus fixes, l'état peut avoir desbornes constantes, et 1’ administration n’aller pasmoins bien.

Le plus sensible inconvénient du gouvernementd’un seul est le défaut de cette succession conti-nuelle qui forme dans les deux autres une liaisonnon interrompue. Un roi mort, il en faut un autre ;les élections laissent des intervalles dangereux j

Mais ses ennemis voulurent persuader au ministre , qui avoittrop d’esprit et se rendoit trop Lien justice pour les croire,que Jean-Jacques le placoit dans les jolis régisseurs. "Voyez àce sujet la note que nous mettons à la suite de la lettre du 27mars 1768, adressée à M. de CUoiseul.