LIVRE III,
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elles sont orageuses ; et à moins que les citoyens nesoientd’un désintéressement, d'une intégrité que cegouvernement ne comporte guère, la brigue et lacorruption s’en mêlent. Il est difficile que celui aqui l’état s’est vendu ne le vende pas à son tour, etne se dédommage pas sur les foibles de l’argent queles puissants lui ont extorqué. Tôt ou tard tout de-vient vénal sous une pareille administration, et lapaix, dont on jouit alors sous les rois, est pire quele désordre des interrègnes.
Qu’a-t-on fait pour prévenir ces maux? On a rendules couronnes héréditaires dans certaines familles ;et l’on a établi un ordre de succession qui prévienttoute dispute à la mort des rois; c’est-a-dire que,substituant rinconvénient des régences à celui desélections, on a préféré une apparente tranquillité aune administration sage , et qu’on a mieux aimé ris-quer d’avoir pour chefs des enfants , des monstres ,des imbéciles, que d’avoir à disputer sur le choixdes bons rois. On n‘a pas considéré qu’en s’exposantainsi aux risques de l’alternative, on met presquetoutes les chances contre soi. C’étoit un mot très-sensé que celui du jeune Dcnys , a qui son père, enlui reprochant une action honteuse, disoit : T’enai-je donné l’exemple ? Ah ! répondit le fils , votrepère n’étoit pas roi (a).
Tout concourt a priver de justice et de raison unhomme élevé pour commander aux autres. On prendbeaucoup de peine, à ce qu’on dit, pour enseigner